Du travail social à l’accompagnement social
Les politiques publiques ont encouragé le travail social, puis avec le temps ont financé l’accompagnement social des bénéficiaires.
La différence est importante. On est passé de la référence au travail et donc aux professionnels qui l’exercent à une posture centrée sur le bénéficiaire lui-même.
Le terme d’accompagnement, intégré au vocabulaire professionnel du travail social ne fait pas l’objet d’une définition.
Etymologiquement, accompagner signifie aller quelque part avec quelqu’un, faire en même temps.
Ce terme évoque la notion de mouvement, d’action de complémentarité.
L’accompagnant reste un passeur, qui va permettre le passage d’une situation à une autre.
L’accompagnement, c’est être à côté d’une personne, qui est dans une dynamique, de se mettre en mouvement avec elle, de cheminer avec elle.
La durée caractérise l’accompagnement social qui va capitaliser les succès, déjouer les échecs provisoires.
Les personnes vulnérables cumulent toutes sortes d’handicaps. L’accompagnement sera, pour cette raison un processus global.
Il ne peut exister que dans le cadre d’une démarche volontaire de la personne, établie dans une relation de confiance.
C’est à la personne accompagnée de dire ce qu’il en est de sa situation, et ce qu’elle veut en changer.
L’accompagnant va s’en tenir à un rôle de facilitateur. Il vise à reconnaître et mobiliser les capacités des personnes (capacitation), à renforcer leur dynamique.
Il saura tenir compte du contexte de chacun afin d’individualiser son approche.
L’accompagnement social doit ériger en préalable que la personne ne soit jugée par principe responsable de sa situation.
Accompagner la démarche d’inclusion sociale des personnes vulnérables
L’expression d’accompagnement de la démarche est préférable, je pense, à la formulation d’accompagner un bénéficiaire.
En effet, accompagner une personne peut être entendu comme l’obligation d’aider, d’assister la personne sur des démarches qu’elle n’est pas capable d’accomplir seule, en toute autonomie.
Au contraire, l’accompagnement de la démarche rend toute son implication à la personne en situation d’exclusion.
Cette posture repose sur un certain nombre de préalables.
C’est la personne en difficulté qui décide d’engager la démarche… en toute liberté, qui va déterminer ses besoins et ses attentes du processus d’accompagnement.
L’accompagnement va se construire sur le principe de la reconnaissance mutuelle d’une capacité réciproque à s’engager et d’une égale compétence à agir.
L’accompagnant va proposer ses compétences professionnelles qui vont permettre de (re)mobiliser les savoirs expérientiels de la personne en situation d’exclusion, et va donc la rendre actrice de son parcours.
Mais surtout, il faut refuser que la personne en difficulté ne soit jugée responsable de son exclusion.
Les caractéristiques de l’accompagnement social
- L’accompagnement social est nécessairement global.
Les personnes vulnérables cumulent un certain nombre de difficultés qui sont le résultat d’une conjonction autant de causes structurelles que de ruptures personnelles.
Cette spécificité s’oppose aux logiques de segmentation des politiques publiques concernant la résolution des problèmes rencontrés par les personnes en situation d’exclusion sociale.
L’accompagnement global va donc viser un projet personnalisé dans tous les aspects de sa vie grâce à un diagnostic de départ réalisé conjointement.
- Chaque parcours est singulier.
Ce qui explique que l’accompagnement de la démarche d’une personne vulnérable sera spécifique et mettra en œuvre des savoir-faire particuliers.
L’accompagnement ne peut se limiter à apporter des informations techniques ou à permettre la simple ouverture de droits.
- Il exige la mise en place d’un lien de proximité, basé sur la confiance réciproque et doit mettre en œuvre l’empathie de l’accompagnant .
- l’accompagnant va forcément proposer à la personne une mise en relation avec d’autres partenaires spécialisés dont il assurera l’établissement et la coordination.
Il est le garant de la continuité et de l’articulation des différentes étapes soumises à l’approbation du bénéficiaire.
Le renvoi d’un service social à un autre lui sera ainsi épargné.
- L’accompagnement social s’inscrit dans la durée.
Le processus ne peut s’entendre comme un parcours linéaire. Il sera au contraire juché d’embûches, de réussites. Il va se caractériser par des renoncements, des abandons provisoires, des réajustements, des victoires, des tentatives échouées.
Autant de va-et-vient qui imposeront à l’accompagnant d’être disponible, réactif, de se (re)mettre à la tâche au point où le bénéficiaire était parvenu.
- l’accompagnement social est une démarche participative.
(voir la page du blog consacrée aux « pratiques participatives »)Elle nécessite, à tous les moments du parcours, la participation du bénéficiaire, lors de :
- l'expression des attentes
- l'élaboration du diagnostic
- la co-construction du projet
- réajustement en continu
- la co-évaluation aux différentes étapes du parcours et à l’issue de la démarche.
Cette participation va susciter le développement du pouvoir d’agir du bénéficiaire (DPA).
Diagnostiquer et développer la compétence sociale
On connaît ces compétences transversales sans lesquelles une insertion n’est pas possible.
Jean-Marc DUTRENIT* a conçu un outil (logiciel) de diagnostic de la compétence sociale.
Il définit les composantes de la compétence sociale comme la capacité « d’établir des relations de réciprocité positive avec ses partenaires (donner et recevoir avec équité, développer des coopérations conditionnelles) dans 7 disciplines implicites de la vie quotidienne : santé, vie familiale et affective, formation, emploi, budget, logement, loisirs tout en mettant en œuvre des facteurs de succès comme motivation, anticipation, image de soi positive, sens des responsabilités, maîtrise de l’espace et utilisation des acquis. »
Pour le diagnostic de la compétence sociale, seront prises en compte les contributions positives et négatives du bénéficiaire ainsi que les rétributions positives et négatives dont il fait l’objet de la part de son entourage.
L’indépendance et l’inclusion sont tributaires de la maîtrise de disciplines de la vie quotidienne : la gestion de son hygiène et de sa santé, de sa vie familiale et affective, de sa formation, de son emploi, de son budget, de son logement, de ses loisirs.
Encore faut-il gérer chacun de ces domaines avec des facteurs de succès : un minimum de motivation, une capacité d’anticipation, une certaine maîtrise de l’espace, une image de soi positive , un certain sens des responsabilités et la capacité d’utilisation des acquis.
L’outil de diagnostic doit permettre de mesurer la réciprocité installée entre le bénéficiaire et son entourage, sa force et sa faiblesse par domaine et facteur à partir de 4 items : contribution positive et négative, rétribution positive et négative.
Chacun des 7 domaines et des 6 facteurs fera l’objet d’une mesure (+1, -1, 0), score repris dans un tableau transversal.
La mesure de la compétence sociale réalisée, Jean-Marc DUTRENIT s’est attaché à déterminer les meilleures modalités de développement de la compétence sociale.
- aider le bénéficiaire à analyser et enrichir son propre système de valeurs
- organiser des médiations relationnelles avec les mondes inconnus de la personne
- passer des contrats ( obligations, rétributions) avec le bénéficiaire, par séquence
- mettre en place des enseignements cognitifs adaptés aux domaines où les handicaps ont été repérés
- les adapter à chaque bénéficiaire afin qu’il puisse se les approprier
- permettre une application de ces enseignements sous forme collective dans des groupes de coopération.
*Jean-Marc DUTRENIT, professeur Université Lille III
Evaluer les effets d’un projet personnalisé
On a vu comment diagnostiquer la compétence sociale d’une personne accompagnée (article blog du 10 avril 2012).
La compétence sociale est la capacité d’accomplir les actes de la vie quotidienne.
C’est donc sur les domaines de la vie quotidienne que les modalités d’accompagnement vont être centrées.
Permettre de développer, d’acquérir ou de maintenir des compétences sociales va consister à donner à la personne accompagnée les capacités de faire de sa vie ce qu’elle souhaite, en fonction de sa situation.
Jean-Marc DUTRENIT* a créé un référentiel de mesure de la compétence sociale.
Mais comment évaluer les effets de l’accompagnement individualisé d’une personne ?
Il faut donc analyser les effets de l’accompagnement sur les compétences sociales du bénéficiaire et comprendre les mécanismes d’action de ce même accompagnement.
Ce processus d’accompagnement est global et couvre toutes les dimensions des compétences sociales.
Cette évaluation doit impérativement se faire avec le concours de la personne accompagnée qui est la mieux à même de mettre en avant les intérêt pour elle de la démarche d’accompagnement.
La compréhension des mécanismes d’accompagnement des bénéficiaires implique 2 éléments :
- il faut bénéficier d’informations collectées à des moments différents du processus
- le cadre de cette analyse, pour être pertinent, doit être fixé au préalable.
Jacques DANANCIER* a conçu un outil permettant une mesure dynamique de l’itinéraire des personnes accompagnées.
Le ROCS (Référentiel d’Observation des Compétences Sociales) permet à la fois de construire le projet personnalisé et d’évaluer le processus d’accompagnement.
Le ROCS est le moyen d’évaluer à un moment donné les aptitudes objectives du bénéficiaire mais aussi de mesurer l’impact du processus d’accompagnement.
Chaque dimension de la compétence sociale va se décliner en fonction de critères échelonnés en 5 degrés en fonction du degré de la capacité d’implication de la personne accompagnée.
*Jean-Marc DUTRENIT, professeur Université Lille III
*Jacques DANANCIER, Consultant et formateur, psychologue, conseiller technique au CREAI de Haute Normandie.
On connaît ces compétences transversales sans lesquelles une insertion n’est pas possible.
Jean-Marc DUTRENIT* a conçu un outil (logiciel) de diagnostic de la compétence sociale.
Il définit les composantes de la compétence sociale comme la capacité « d’établir des relations de réciprocité positive avec ses partenaires (donner et recevoir avec équité, développer des coopérations conditionnelles) dans 7 disciplines implicites de la vie quotidienne : santé, vie familiale et affective, formation, emploi, budget, logement, loisirs tout en mettant en œuvre des facteurs de succès comme motivation, anticipation, image de soi positive, sens des responsabilités, maîtrise de l’espace et utilisation des acquis. »
Pour le diagnostic de la compétence sociale, seront prises en compte les contributions positives et négatives du bénéficiaire ainsi que les rétributions positives et négatives dont il fait l’objet de la part de son entourage.
L’indépendance et l’inclusion sont tributaires de la maîtrise de disciplines de la vie quotidienne : la gestion de son hygiène et de sa santé, de sa vie familiale et affective, de sa formation, de son emploi, de son budget, de son logement, de ses loisirs.
Encore faut-il gérer chacun de ces domaines avec des facteurs de succès : un minimum de motivation, une capacité d’anticipation, une certaine maîtrise de l’espace, une image de soi positive , un certain sens des responsabilités et la capacité d’utilisation des acquis.
L’outil de diagnostic doit permettre de mesurer la réciprocité installée entre le bénéficiaire et son entourage, sa force et sa faiblesse par domaine et facteur à partir de 4 items : contribution positive et négative, rétribution positive et négative.
Chacun des 7 domaines et des 6 facteurs fera l’objet d’une mesure (+1, -1, 0), score repris dans un tableau transversal.
La mesure de la compétence sociale réalisée, Jean-Marc DUTRENIT s’est attaché à déterminer les meilleures modalités de développement de la compétence sociale.
- aider le bénéficiaire à analyser et enrichir son propre système de valeurs
- organiser des médiations relationnelles avec les mondes inconnus de la personne
- passer des contrats ( obligations, rétributions) avec le bénéficiaire, par séquence
- mettre en place des enseignements cognitifs adaptés aux domaines où les handicaps ont été repérés
- les adapter à chaque bénéficiaire afin qu’il puisse se les approprier
- permettre une application de ces enseignements sous forme collective dans des groupes de coopération.
*Jean-Marc DUTRENIT, professeur Université Lille III
Evaluer les effets d’un projet personnalisé
On a vu comment diagnostiquer la compétence sociale d’une personne accompagnée (article blog du 10 avril 2012).
La compétence sociale est la capacité d’accomplir les actes de la vie quotidienne.
C’est donc sur les domaines de la vie quotidienne que les modalités d’accompagnement vont être centrées.
Permettre de développer, d’acquérir ou de maintenir des compétences sociales va consister à donner à la personne accompagnée les capacités de faire de sa vie ce qu’elle souhaite, en fonction de sa situation.
Jean-Marc DUTRENIT* a créé un référentiel de mesure de la compétence sociale.
Mais comment évaluer les effets de l’accompagnement individualisé d’une personne ?
Il faut donc analyser les effets de l’accompagnement sur les compétences sociales du bénéficiaire et comprendre les mécanismes d’action de ce même accompagnement.
Ce processus d’accompagnement est global et couvre toutes les dimensions des compétences sociales.
Cette évaluation doit impérativement se faire avec le concours de la personne accompagnée qui est la mieux à même de mettre en avant les intérêt pour elle de la démarche d’accompagnement.
La compréhension des mécanismes d’accompagnement des bénéficiaires implique 2 éléments :
- il faut bénéficier d’informations collectées à des moments différents du processus
- le cadre de cette analyse, pour être pertinent, doit être fixé au préalable.
Jacques DANANCIER* a conçu un outil permettant une mesure dynamique de l’itinéraire des personnes accompagnées.
Le ROCS (Référentiel d’Observation des Compétences Sociales) permet à la fois de construire le projet personnalisé et d’évaluer le processus d’accompagnement.
Le ROCS est le moyen d’évaluer à un moment donné les aptitudes objectives du bénéficiaire mais aussi de mesurer l’impact du processus d’accompagnement.
Chaque dimension de la compétence sociale va se décliner en fonction de critères échelonnés en 5 degrés en fonction du degré de la capacité d’implication de la personne accompagnée.
*Jean-Marc DUTRENIT, professeur Université Lille III
*Jacques DANANCIER, Consultant et formateur, psychologue, conseiller technique au CREAI de Haute Normandie.