« Suscitons, par le choix de nos objectifs, les moyens nouveaux qui permettront de les atteindre » Gaston Berger.
L'anticipation au service de l'action.
Les secteurs social et médico-social sont foncièrement dépendants de leur environnement.Les événements majeurs, qui les marquent aujourd’hui, ont une influence déterminante pour leur avenir.
L’objectif pour l’avenir
Il existe une impérative nécessité d’inscrire son organisation dans une vision prospective.
Il faut imaginer les contours de l’avenir des organisations et se donner l’envie de les construire.
Il est nécessaire d’anticiper aujourd’hui en se préparant, pour ne pas réagir demain en improvisant ou en subissant.
Les enjeux du secteur
Les mutations profondes que connait le secteur sont-elles une catastrophe ou une opportunité ?
Pour faire face aux défis, il faut se préparer (à l’interne de l’organisation) au dialogue, à la concertation, à la négociation, à la contractualisation.
Définition et objet de la prospective
« Une attitude pour l’action qui tienne compte des caractéristiques de l’avenir, en fonction de l’homme » : Gaston Berger, père de la prospective
La prospective est un outil stratégique qui consiste littéralement à regarder au loin, au-delà de son strict champ d’opération, afin d’établir des scénarios possibles et de mieux se préparer à l’avenir.
Elle a un double objectif :
- D’ordre tactique : mieux comprendre le présent
- D’ordre stratégique : établir des scénarios plausibles, probables en vue de se préparer à une conjoncture et d’améliorer la prise de décision.
Des notions proches : démarche qualité, évaluation et prospective :
- Pas de qualité sans prospective : améliorer les pratiques professionnelles ne peut se faire sans la prise en compte du contexte et des différents scénarios possible. La prospective intervient dans le choix et la priorisation des actions à mener.
- Pas de prospective sans évaluation : l’évaluation est bien un outil de prospective car elle permet de préjuger des forces et des faiblesses, des opportunités et des menaces.
Les pièges et risques de la démarche prospective
« Passé, présent, avenir s’entremêlent et se conditionnent réciproquement » - Gaston Berger
- refuser les enseignements du passé et rejeter l’avenir.
- considérer que l’avenir se calque sur le passé. Il ne faut pas faire abstraction totale du passé mais en titrer les éléments permanents.
- Se méfier des précédents, (cf mutations profondes du secteur), se garder des analogies
- Être vigilant par rapport aux extrapolations
- Que le processus prévisionnel devienne une procédure bureaucratique, rigide.
- Il faut bannir l’inaction
- Faire face à l’opposition au changement
- Prendre le temps de présenter la démarche, si la démarche est incomprise, les conséquences seront dramatiques pour la structure.
"Il n'est pas de bon vent pour celui qui ne sait pas où il va " - Sénéque
Les caractéristiques de la méthode prospective
« L’attitude prospective, c’est se préparer à faire… ce qui est à faire est plus important que ce qui est déjà fait » G. Berger
Les conditions de l’attitude prospective selon Gaston Berger :
- Voir loin : en intégrant les dynamiques de changement dans le temps long.
- Voir large : en associant des compétences et des synergies différentes, vision de complémentarité
- Analyser en profondeur en recherchant les facteurs vraiment déterminants et significatifs, travail d’analyse, de décryptage
- Prendre des risques – s’accorder une liberté absolue
- Penser à l’homme : la prospective s’attache aux faits humains.
« La prospective est une culture pour apprivoiser le temps qui vient... Elle n'est ni une science, ni un art. C'est une recherche des futurs possibles. C'est une pédagogie de la liberté » - Jacques de Courson
La méthode prospective
5 étapes clés de la démarche méthodologique :
1) Détermination des incertitudes, paramètres, contraintes
Il s’agit d’un travail de collecte, de répartition et de synthèse qui invite à revisiter le projet associatif.
2) Choix des variables discriminantes
L’analyse des incertitudes éclairée par l’approche méthodologique permet d’observer que les incertitudes dépendent de 5 variables majeures. L’identification de ces variables représente la pierre angulaire de la démarche prospective.
3) Élaboration des scénarios
L’analyse combinatoire entre ces 5 variables conduit à identifier 32 scénarios (typologies) possibles.
Le scénario est un ensemble formé par la description d’une situation future et du cheminement des événements qui permettent de passer de la situation d’origine à la situation future.
4) Évaluation des scénarios
5) Construction du plan d’actions prospectives
Pour une vision prospective, l’organisation doit s’interroger sur 4 facteurs:
a) Son projet stratégique :
b) Ses richesses humaines
c) Ses ressources partenariales
d) Ses pratiques professionnelles
L’organisation doit vérifier en termes de résultat :
e) Ses prestations en direction des bénéficiaires
f) Son environnement de travail (salariés et bénévoles)
g) Son environnement institutionnel (tutelle, organismes de contrôle…)
h) Son image
Création d'un outil prospectif
Afin de permettre à l’organisation d’évaluer son potentiel prospectif et d’en dégager les principales pistes d’amélioration, il faut construire un référentiel prospectif propre à chaque organisation à l’aide de questionnaires approfondis sur ces facteurs et les résultats de son activité.
« La prospective repose sur le postulat que l'avenir n'est pas déjà fait, qu'il demeure ouvert à plusieurs futurs possibles, qu'il est domaine de liberté et de pouvoir » - Bertrand de Jouvenel
Lire : Prospectives Sociales et Médoco-sociales, tome 1 : "les défis du futur" Editions Espace SENTEIN sous la direction de Jean-Marie DESCAMPS, Daniel SENTEIN et Laurent SENTEIN.