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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

samedi 25 août 2012

Ce qui fonde l’accompagnement social des personnes vulnérables


Les travailleurs sociaux ont besoin d’une motivation à l’accompagnement social qu’ils proposent aux individus en difficulté d’intégration.

Pierre Bourdieu * centre « l'habitus culturel » comme principe de l’action des « agents » dans le monde social.
Pierre Bourdieu préfère ainsi au terme « d’acteur », généralement employé par ceux qui veulent souligner la capacité qu’a l’individu d’agir librement, celui d’agent, qui insiste, au contraire, sur les déterminismes auxquels est soumis l’individu.
L’action des individus est donc, au terme de la théorie de Pierre Bourdieu, fondamentalement le produit des structures objectives du monde dans lequel ils vivent, et qui façonnent en eux un ensemble de dispositions qui vont structurer leurs façons de penser, de percevoir et d’agir.
Chaque individu a intégré l’ensemble des conditionnements (normes sociales) qu’il a reçus et qui déterminent et conditionnent ce que sera son avenir.

L’agent a donc, lors des différents processus de socialisation qu’il a connus, en particulier sa socialisation primaire, incorporé un ensemble de principes d’action, reflets des structures objectives du monde social dans lequel il se trouve, qui sont devenus en lui, au terme de cette incorporation, des « dispositions durables et transposables », selon l’une des définitions de l’habitus que propose Pierre Bourdieu.

Cette vision, par son effet déterministe ne peut représenter l’explication d’une intégration de personnes vulnérables. Elle ne fonde pas le changement, les réussites que connaissent certains individus pourtant en difficulté dans leur intégration.

D’autres (théories centrées sur la personne), comme Bernard Lahire développent une sociologie qui tient compte des dispositions et des contextes pour mettre au jour des variations. Une sociologie qui se situe à l’échelle de l’individu, qui met en évidence la multiplicité et la complexité des interactions entrant dans le jeu de la socialisation des acteurs en fonction des expériences diverses qu’ils vivent.
L’individu se définit, non pas à partir d'un héritage culturel unique (et cloisonné) lié à son appartenance à une classe sociale, mais à partir de plusieurs héritages acquis au contact de multiples institutions et individus, comme la famille, l'école, les amis, l'univers professionnel ...

Jean-Marc Dutrénit évoque quant à lui, la compétence sociale que tout individu est en capacité de mettre en œuvre à tout moment. L’accès à l’intégration d’un acteur va être sa formation à la compétence sociale dans des facteurs tels que sa motivation, le fait d’avoir une image de soi positive, le sens des responsabilités, la maîtrise de l’espace, l’utilisation des acquis dans les disciplines de la vie quotidienne...

Reste alors aux professionnels de l’action sociale de permettre l’accroissement de la qualification professionnelle des individus en difficulté d’insertion.
Pour cela, il est important d’outiller leur diagnostic et la grille d’analyse du parcours individualisé d’insertion des personnes accompagnées.

* Pierre Bourdieu (1930-2002), sociologue.



lundi 13 août 2012

Mesurer l’impact économique d’un projet social


Cette volonté semble à priori contradictoire.
Pourtant, en considérant les différentes fonctions d’une action sociale, il est possible de distinguer des éléments rattachés aux retombées économiques.

Une réflexion méthodologique doit permettre de mesurer la rentabilité sociale et donc de rendre compte de la spécificité de l’économie sociale et solidaire.

Il faut, pour cela éviter de tomber dans certains pièges.
-          Il ne s’agit pas uniquement de proposer un outillage purement quantitatif,
-          De même, il n’apparaît pas opportun de distinguer systématiquement les retombées sociales des impacts économiques.
-          Comme il appartient de ne pas réduire le social à l’économique.

Il n’existe donc pas une opposition systématique entre la valeur sociale d’un projet et sa performance économique.

L’évaluation s’attachera à mettre en exergue les différentes composantes de l’action et à en faire une analyse transversale des caractéristiques sociales et économiques de ses performances.
Ce qui n’exclut pas la mesure d’impacts plus spécifiques.

Cette mesure doit s’effectuer en rapport avec un territoire précis.

Il semble judicieux de réaliser une interpénétration des impacts, à la fois dans le choix des fonctions du projet à mesurer, et dans la détermination des indicateurs à travailler.

Il faut déterminer s’il l’on se propose de mesurer l’ensemble de l’activité d’une organisation ou un secteur particulier.
Pour chaque dimension pertinente de l’activité, le point de départ de l’évaluation sera :
-          de préciser les objectifs des missions,
-          de définir les activités concernées et menées en rapport avec les objectifs visés.