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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

lundi 24 octobre 2011

Accompagner la démarche d’inclusion sociale des personnes vulnérables

L’expression d’accompagnement de la démarche est préférable, je pense, à la formulation d’accompagner un bénéficiaire.

En effet, accompagner une personne peut être entendu comme l’obligation d’aider, d’assister la personne sur des démarches qu’elle n’est pas capable d’accomplir seule, en toute autonomie.

Au contraire, l’accompagnement de la démarche rend toute son implication à la personne en situation d’exclusion.

Cette posture repose sur un certain nombre de préalables.

C’est la personne en difficulté qui décide d’engager la démarche en toute liberté, qui va déterminer ses besoins et ses attentes du processus d’accompagnement.

L’accompagnement va se construire sur le principe de la reconnaissance mutuelle d’une capacité réciproque à s’engager et d’une égale compétence à agir.

L’accompagnant va proposer ses compétences professionnelles qui vont permettre de (re)mobiliser les savoirs expérientiels de la personne en situation d’exclusion, et va donc la rendre actrice de son parcours.

Mais surtout, il faut refuser que la personne en difficulté ne soit jugée responsable de son exclusion.

lundi 17 octobre 2011

Du travail social à l’accompagnement social

Les politiques publiques ont encouragé le travail social, puis avec le temps ont financé l’accompagnement social des bénéficiaires.

La différence est importante. On est passé de la référence au travail et donc aux professionnels qui l’exercent à une posture centrée sur le bénéficiaire lui-même.

Le terme d’accompagnement, intégré au vocabulaire professionnel du travail social ne fait pas l’objet d’une définition.

Etymologiquement, accompagner signifie aller quelque part avec quelqu’un, faire en même temps.
Ce terme évoque la notion de mouvement, d’action de complémentarité.
L’accompagnant reste un passeur, qui va permettre le passage d’une situation à une autre.
L’accompagnement, c’est être à côté d’une personne, qui est dans une dynamique, de se mettre en mouvement avec elle, de cheminer avec elle.

La durée caractérise l’accompagnement social qui va capitaliser les succès, déjouer les échecs provisoires.

Les personnes vulnérables cumulent toutes sortes d’handicaps. L’accompagnement sera, pour cette raison un processus global.

Il ne peut exister que dans le cadre d’une démarche volontaire de la personne, établie dans une relation de confiance.
C’est à la personne accompagnée de dire ce qu’il en est de sa situation, et ce qu’elle veut en changer.

L’accompagnant va s’en tenir à un rôle de facilitateur. Il vise à reconnaître et mobiliser les capacités des personnes (capacitation), à renforcer leur dynamique.
Il saura tenir compte du contexte de chacun afin d’individualiser son approche.

L’accompagnement social doit ériger en préalable que la personne ne soit jugée par principe responsable de sa situation.


mardi 11 octobre 2011

L’intervention sociale sous l’éclairage des capabilités

C’est Amartya Sen qui a introduit cette conception. Il faut tenir compte de ce que possèdent les individus, mais aussi de leur capacité, leur liberté à utiliser leurs biens pour choisir leur propre mode de vie.
La pauvreté sera appréhendée comme la privation de capabilités élémentaires et non pas seulement une faiblesse de revenus.
Le principe d’égalité va conduire à examiner si tel individu possède les capabilités de base, les biens nécessaires quel que soit le projet de vie.

Martha Nussbaum ne va pas déterminer ce qu’est la vie bonne mais va poser les caractéristiques fondamentales d’une vie réussie.
Elle a ainsi dégagé dix capabilités :
- vie,
- santé,
- intégrité physique,
- sens-imagination-pensée,
- émotions,
- raison pratique,
- affiliation étant entendu comme les moyens de vivre avec les autres (en société) et les bases sociales pour le simple respect de soi,
- rapport aux autres espèces (prise en compte des dimensions environnementales, écologie…),
- jeu
- Contrôle de son environnement (matériel, politique).

En deçà d’un seuil de capabilités, un fonctionnement véritablement humain devient impossible.
Il est alors important de réfléchir aux conditions facilitant l’accès aux capabilités élémentaires.
Mais il faut aussi donner à chacun la possibilité de choisir les modalités d’utilisation d’une capabilité.
Ces capabilités vont aussi être l’objet d’une hiérarchisation, d’une interaction singulière.
Il faut cependant, prendre garde à ne pas tomber dans le piège de catégoriser les capabilités, au risque d’être réducteur.
Au contraire, les capabilités seront appréhendées à la lumière de chaque contexte particulier.

mardi 4 octobre 2011

La richesse sociale produite

Notre richesse économique nationale ne reconnait pas l’apport économique et social des activités associatives.

La richesse doit se décliner avec d’autres qualificatifs que l’économique. Il n’existe pas qu’une seule forme de richesse. Il s’agit de mettre en avant un autre système de valeurs, de plus-values sociales et solidaires.

Il faut poser la question des indicateurs de la richesse nationale et légitimer une conception plus humaine de la richesse d’une société.

L’intervention sociale produit du lien social, de la cohésion sociale, du développement humain et du développement durable qui reste invisible dans notre PIB.

L’idéologie libérale met en avant le coût pour les finances publiques des subventions accordées aux associations de l’économie sociale et solidaire.

Lorsque que l’on décline la valeur de la mission d’intérêt général rendue, que l’on déduit les recettes fiscales et sociales tirées des associations, que l’on valorise les emplois créés (et donc les indemnités chômage économisées),

ce n’est plus un coût mais un investissement dont il s’agit.
Il faut évaluer ce « retour sur investissement » et l’inclure dans le produit national.

Ainsi, les services aux entreprises et à la personne sont incorporés dans le secteur tertiaire de notre économie.
Comme l’on mesure les services marchands, il est important de mesurer la richesse sociale produite par les actions menées par le secteur de l’économie sociale et solidaire.

Cependant, il ne faut pas enfermer les associations dans de simples prestations de service.
Il est important de déterminer des indicateurs propres à cette richesse produite, l’utilité sociale, conséquence de l’activité économique des associations.