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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

jeudi 28 mars 2013

Une approche positive de la résolution de problèmes


« Derrière chaque problème, il y a toujours une leçon cachée » Yannick NOAH

Il y a un problème lorsqu'on constate qu'une situation est non satisfaisante, qu'il existe un décalage entre la réalité et ce qui est attendu.
C’est la formalisation de la problématique (formulation claire du problème choisi) : un problème bien posé est déjà à moitié résolu, qui va orienter la démarche.

Il existe de nombreux méthodes et outils de résolution des problèmes : apprentissage basé sur l’expérience, systémique, approche par problème, méthode QQOQCP (ou 7 catégories de questions à se poser), méthode des 5P (pourquoi), méthode RADAR …

La meilleure méthode est sans aucun doute celle avec laquelle la personne qui s’en sert se sent le plus à l’aise. Certains critères de choix existent : certains sont d’ordre plutôt pratique – la durée de la méthode de résolution de problèmes, le nombre de participants ; d’autres sont liés au type de problèmes à résoudre, au type d’approche pour résoudre le problème, au type de participation et à l’implication des participants…
L’important est d’avoir bien en tête la cartographie des attitudes ou forces en présence, ainsi que l’environnement du problème.
Face à un environnement complexe, ou à des problèmes difficiles (situation vague, à multiples objectifs, avec un nombre élevé de corrélations, dynamiques car très liés au temps),  par où commencer ? Il faut choisir une tâche sur laquelle se concentrer. Pour gérer la complexité, il est utile de la diviser en plusieurs parties.

De nombreux facteurs humains vont impacter le processus de résolution problèmes : le choc, la dénégation, la frustration, le rejet…
Bien souvent, il s’agira de pratiquer la notion de résilience.
Des postures lors de la démarche de résolution problème vont aussi la favoriser : posture réflexive, mettre en place une stratégie de résolution dans l’action, accepter le changement de perspective, être convaincu que nous avons la capacité d’agir…

Toutes les méthodes de résolution de problèmes procèdent par séquences. Le rôle de ces séquences est d’augmenter notre capacité à utiliser différentes aptitudes à l’écoute active dans différentes parties du processus. Il s’agit de suivre une démarche méthodique, par étapes.

Quels sont les fondements et les points forts des démarches de résolution des problèmes ?
Une des finalités majeures de toute méthode de résolution de problèmes est de soutenir chez la personne confrontée au problème et chez les participants plus généralement, l’expression de la pensée créative et de la pensée critique.
En ce qui concerne la pensée créative, l’idée est de rejeter des approches de résolution de problèmes par trop normalisées pour s’intéresser à une large gamme de possibles, en considérant un problème de multiples points de vue.
Quant à la pensée critique, elle permet de porter une appréciation sur des idées, de disséquer des arguments, d’apprécier la rationalité d’une solution et de choisir les solutions et les activités qui semblent les plus satisfaisantes

La résolution de problèmes demande une approche par la démarche appréciative c'est-à-dire une approche positive de la résolution.
On peut dire avec Peter DRUCKER : « On obtient des résultats en exploitant des opportunités, non en résolvant des problèmes »

En conclusion : le processus de résolution de problèmes est un outil essentiel pour apprendre et pour améliorer, développer les compétences professionnelles.

vendredi 22 mars 2013

La solidarité, l’affaire de tous, par la multiplication des synergies


Les politiques de « workfare » ou activation de la protection sociale dont les objectifs sont de réduire la pauvreté et d’augmenter le taux d’activité des personnes sans emploi n’ont pas fait leurs preuves*. L’évaluation du RSA l’a montré. Car le monde du travail et les bénéficiaires ne se sont pas mobilisés, alors que ces politiques accentuent de plus en plus, le lien entre activité du bénéficiaire et prestation.
Ainsi, en France, la part des inactifs dans la population totale n’a pas diminué avec l’instauration du RMI puis du RSA.
Ce qui manque en réalité, ce sont des propositions d’emploi.

On avance aujourd'hui le concept ‘d’entreprise sociale’. Encore faut-il se mettre d’accord sur la définition de ce terme. En France, cette notion prend racine dans les principes de l’économie sociale et solidaire, les entreprises d’insertion. Ces entreprises ont pour objectif d’aider les chômeurs peu qualifiés, en voie d’exclusion du marché du travail, à s’insérer socialement dans la société en général et dans le monde du travail.
Comment distingue-t-on une entreprise sociale ?
« Etre une entreprise sociale, c’est faire primer la responsabilité sociale sur la finalité lucrative, notamment en limitant la rémunération du capital »*.
Il faut aujourd'hui imaginer le développement territorial des entreprises d’insertion.

Compte tenu du taux de pauvreté (14,1 % en 2010), des entreprises du secteur marchand tentent de décliner une approche innovante auprès du public le plus défavorisé.
*SFR et Emmaüs Défi développent une offre de téléphonie solidaire.
Essilor a créé Optique Solidaire qui permet aux plus de 60 ans d’avoir accès à des lunettes de qualité, Blédina et la Croix Rouge proposent des bons de réduction de 30 à 40 % sur les produits alimentaires pour bébé, Renault et l’association Voiture & Co ont mis en place une offre entretien-réparation de 20 à 50 % du prix habituel pratiqué…
Encore une fois, ce sont ces synergies locales entre une entreprise, une association et une collectivité qu'il faudrait multiplier.


*Jean-Claude BARBIER, sociologue
* Marthe NYSSENS , économiste belge et co-fondatrice du réseau EMES
* article dans l’EXPRESS du 6 février 2013

mardi 12 mars 2013

La cohésion sociale ébranlée


Selon Stéphane ROZES, il existe un vrai fossé entre l’imaginaire des Français, qui aspirent à plus de cohésion sociale et la réalité des inégalités sociales.
Selon un récent baromètre*, seuls 38 % de nos concitoyens pensent que la société française offre à chacun la place qu’il mérite.

Cette volonté de vivre ensemble autour de valeurs communes est en train de se fissurer face à la montée de la précarité qui touche désormais toute la société.
« Le social ne doit plus être la voiture-balai du système productif mais bien un élément créateur de richesses » dit Stéphane ROZES.
A la faveur des crises économiques récentes, les inquiétudes sur la cohésion sociale ont une ampleur particulière.
Outre la montée des inégalités, de nombreuses lignes de fracture affaiblissent le ciment des sociétés européennes travaillées par l’individualisme : augmentation de la pauvreté, montée en charge des dépendances, fragilisation des publics …
Même les classes moyennes se sentent victimes d’évolutions qu’elles ne maîtrisent plus.
Malgré l’existence d’une forte couverture des risques sociaux, attestée par la croissance des montants dépensés pour la protection sociale, les Français restent très préoccupés par la question des inégalités et des discriminations. C’est dans ce contexte d’interrogations grandissantes sur la nature et la force du lien social que la notion de « cohésion sociale » a été réactualisée.

Pendant 2 ans, de septembre 2010 et avril 2012, le Centre d’analyse stratégique (CAS) et la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ont organisé une série de quatorze séminaires publics sur les instruments et les acteurs des politiques de cohésion sociale. 
De ces réflexions produites ressort un rapport* publié à partir de trois objectifs :
-       adapter les politiques de cohésion sociale aux transformations qui ont été évoquées lors des rencontres réalisant ainsi des diagnostics territoriaux.
-       mettre en lumière des exemples de bonnes pratiques locales en repérant les innovations locales : repérer des méthodes nouvelles, des acteurs émergents, des arrangements institutionnels originaux.
-       aller regarder ailleurs, les problèmes qui s’y posent souvent de façon similaire,  s’apercevoir que les réponses institutionnelles diffèrent sensiblement.
En mettant ainsi en évidence des configurations diverses, ce rapport  devrait  constituer un outil de travail pour l’ensemble des professionnels qui agissent en faveur de la cohésion sociale.

* CREDOC (2011), Baromètre de la cohésion sociale. Étude réalisée à la demande de la DGCS.
* Rapport consultable sur le site du Centre d’Analyse Stratégique.

lundi 4 mars 2013

La solidarité, une valeur sûre ?


Un sondage exclusif CSA, réalisé pour l’UNIOPSS et la MACIF par Internet du 18 au 20 décembre 2012 tente de répondre à cette question.

Il en ressort que 75% des Français pensent qu’eux-mêmes ou un de leur proche pourrait se retrouver un jour en situation de précarité.
Ce risque est plus encore ressenti par les actifs (82%) et les catégories populaires (87%).

Paradoxalement, ce niveau d’inquiétude individuelle élevé explique que la solidarité soit une valeur en baisse pour les français.
Dans un contexte de perception d’une progression des injustices sociales, la recherche de protection et de sécurité se fait avant tout parmi les proches, la famille reste la valeur dominante citée (46%, inchangé par rapport à 2009), comme le tout premier cercle protecteur.
Avec une progression importante par rapport à 2009, viennent ensuite 3 valeurs : l’honnêteté (33%, + 9 points), la justice (32%, + 13 points), la sécurité (22%, + 10 points).
La valeur la plus en baisse est la solidarité (20%, - 8 points).

Les sondés, s’ils avaient besoin d’aide, se tourneraient vers leur famille (58 %) ou une association (40 %), les collectivités locales (34%) bien avant l’Etat (17 %) qui vient encore derrière les amis (23%).  
Plus grave, un Français sur 10 ne saurait pas vers qui se tourner.

La solidarité est de plus en plus perçue comme relevant de l’initiative individuelle ou associative et moins de l’Etat providence. Les sondés expriment une confiance dans les individus et les associations pour agir efficacement face à la crise.
 A la question posée sur la confiance dans différents acteurs pour agir efficacement face aux difficultés provoquées par la crise, les premiers acteurs de confiance cités sont les associations (67% de confiance), devant les initiatives des citoyens (61% de confiance). Les mutuelles (42% des Français font confiance) et les pouvoirs publics (39%) sont cités ensuite.
Les sondés estiment que les associations tiennent leur efficacité de la connaissance du terrain (47%),  du fait de ne pas rechercher le profit (46%) et d’être transparent financièrement (40%).

Même si les sondés s’interrogent sur l’efficacité de l’action publique en matière de solidarité à travers la confiance qu’ils accordent aux différents acteurs, ils ne veulent pas pour autant que l’Etat abandonne ce rôle.
La majorité (59%) souhaite que les dispositifs de protection sociale en direction des personnes en situation de précarité restent une priorité pour les pouvoirs publics.

Solidarité, contribution de tous ou participation individuelle ?
D’autre part, 46% (63% des sympathisants de gauche) aspirent à une solidarité qui soit une contribution de l’ensemble de la population organisée par les pouvoirs publics.
42% (53% des sympathisants de droite) préfèrent que la solidarité soit plutôt une contribution individuelle laissée à l’initiative de chacun.
Les bénéficiaires prioritaires des aides et dispositifs sociaux publics devraient être ceux nécessitants des besoins précis et perçus comme urgents.