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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

lundi 19 décembre 2011

La révision générale des politiques publiques fait (presque) l’unanimité contre elle



La RGPP a été mise en place en 2008 et 2009 afin de réduire les dépenses publiques, et pilotée par la Présidence de la République.
Le gouvernement souhaite aujourd’hui l’étendre aux collectivités locales (déclaration du 1er ministre, le 29 novembre 2011).

Cependant, dans le même temps la RGPP soulève de nombreuses critiques.

La Cour des Comptes* (novembre 2011) relève que « la RGPP engagée en 2007 n’a pas constitué la revue de missions et de programme nécessaire, …malgré son ambition initiale. »
Elle a privilégié : « l’examen des structures au détriment de la revue des politiques publiques dans leur ensemble. »
La Cour des Comptes soulève « la nécessité d’intégrer les attentes du public »

De même, le comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale* est critique.
Le rapport regrette une « commande hiérarchique ignorant les [agents] et les usagers des services publics ».
Il met en exergue aussi un bilan budgétaire discutable « difficilement évaluable avec précision » au regard de « la maîtrise de la masse salariale de l’Etat » et qui amène « à éluder les coûts associés aux réformes ».

En conclusion de son avis, le CESE* demande même de « suspendre temporairement, pour évaluer et réorienter, la révision générale des politiques publiques ».
« L’Etat doit garantir la primauté de l’intérêt général » (préconisation n°1) et « conforter les services publics » (préconisation n°2).

Outre les reproches exprimés par la Cour des Comptes, les commissions parlementaires ou le Conseil économique, social et environnemental, les fonctionnaires, les syndicats et les associations s’élèvent contre les conséquences préjudiciables de la RGPP.
Des critiques convergentes qui devraient donc logiquement conduire le gouvernement à stopper la machine RGPP afin d’en évaluer les effets pervers et de réfléchir aux préalables nécessaires à la conduite d’une telle politique.

*www.ccomptes.fr : rapport sur la LOLF – novembre 2011
*www.assemblee-nationale.fr
*www.lecese.fr : quelles missions et quelle organisation de l’Etat sur les territoires – novembre 2011

lundi 12 décembre 2011

La baisse de l’emploi associatif


L’étude réalisée par Recherche et Solidarités, « les associations en Nord-Pas de Calais, avec le concours de l’association des Régions de France et la Caisse des Dépôts », estime entre 60 000 et 65 000, le nombre d’associations en activité dans le NPDC.
La création d’associations a connu une chute plus accentuée sur la région qu’au plan national.
Cependant, la région Nord-Pas de Calais en 2011 est une des rares régions à avoir vu le nombre de ses créations augmenter en 2011.
Mais, il faut relativiser l’impact de ces créations, qui relèvent, à plus de 50 % des secteurs de la culture des sports et des loisirs.
Alors que ce sont les secteurs du social, de la santé et de l’enseignement qui représentent 76 % de l’emploi associatif.

Si, on focalise l’attention sur les emplois associatifs, les chiffres sont inquiétants.
Le secteur associatif avait créé plus de 27000 emplois en 10 ans.
La part des emplois associatifs sur l’emploi privé représentait près de 12 % en région NPDC (9,7 % en France).

Or, depuis 2010, l’emploi associatif régional (et national) diminue alors que dans le même temps l’emploi privé augmente rattrapant en cela le retard qu’il avait accumulé en 2008 et 2009.
Ce recul de l’emploi associatif est préoccupant.
Dans le même temps, les dirigeants associatifs relatent des difficultés économiques réelles quelquefois pour des secteurs entiers de l’économie sociale et solidaire (aide à domicile par exemple)
Et surtout, ils n’envisagent pas de recruter, ce qui traduit une vive inquiétude pour l’avenir.
Laurent BONELLI* souligne, avec la révision générale des politiques publiques, les transferts d’activités de service d’intérêt général vers des entreprises privées.
De même, la conférence des présidents du Sénat a décidé la création d’une commission d’enquête sur les conséquences de la RGPP et « la dégradation du service rendu, renforçant par là-même les fractures territoriales ».

L’emploi associatif est un réel enjeu économique et social.
Les emplois associatifs sont importants car ils créent du lien social et sont ancrés sur les territoires dans une intervention de proximité.
Il est urgent de rétablir le rôle privilégié des associations en qualité de partenaires de l’action d’intérêt général avec les instances publiques.
Les financements aux associations renforcent l’emploi associatif régional par l’embauche de professionnels au service de l’insertion sociale et professionnelle des plus démunis.
Au-delà de la création d’emplois associatifs, le soutien aux associations permet, par ricochet, de lutter aussi contre le chômage des personnes les plus vulnérables, par l’accompagnement qui leur est proposé. 

*Laurent BONELLI avec Willy PELLETIER : l’Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse.

lundi 5 décembre 2011

La pauvreté gagne-t-elle du terrain en France ?


L’INSEE évalue la proportion de personnes et de ménages disposant de ressources inférieures à un seul de pauvreté établi à 60% de la médiane des niveaux de vie.
Pour une personne seule, il s’élève en 2009 à 954 € par mois. Le taux de pauvreté monétaire a ainsi atteint 13,5 % en 2009( soit 8 millions de personnes dont 2 millions de mineurs).
Entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie avaient peu évolué. Depuis 2004, elles ont tendance à augmenter « par le haut » sous l’effet des revenus du patrimoine (INSEE – les revenus et le patrimoine des ménages).
C'est-à-dire que les niveaux de vie des personnes les plus modestes ont en effet cessé d’augmenter alors que les niveaux de vie des plus aisés ont continué leur progression (Le rapport entre les niveaux de vie des 20% les plus riches et ceux des plus pauvres est passé de 4 à 4,3).
Par ailleurs, l’intensité de la pauvreté s’est accentuée à partir de 2002 : les ressources des personnes pauvres (niveau de vie médian à 773 € en 2002) ont augmenté moins vite que le seuil de pauvreté.
Cette intensification coïncide avec la hausse du chômage et des allocataires du RSA.

Outre que la pauvreté a tendance à augmenter depuis 2002 par rapport à son niveau de 1996, même s’il se stabilise, les caractéristiques de la pauvreté se modifient.
-       La pauvreté rajeunit : le taux de pauvreté des moins de 25 ans a été multiplié par deux en quarante ans.
-       La pauvreté s’est urbanisée en progressant de 4 points dans l’agglomération parisienne tout en reculant proportionnellement dans les communes rurales.
-       Les familles monoparentales rassemblent plus de personnes pauvres.
-       L’emploi ne protège plus de la pauvreté et de l’exclusion (en 2006, le taux de pauvreté monétaire s’élève à 7,9 % pour l’ensemble des salariés et à 18,8 % pour les ouvriers non qualifiés).
-       La pauvreté touche plus durement les femmes.

Certes, la part de la richesse nationale affectée à la protection sociale en France est importante (30 %). Il faut être fier de cette richesse sociale produite. Mais elle va devoir augmenter encore, il faut s’en convaincre.
Un point positif : les français sont en Europe, les plus préoccupés par la pauvreté et les plus persuadés qu’ils pourraient devenir pauvres rapidement, avec un enchaînement de circonstances malheureuses.
Il faut donc espérer que les citoyens vont inviter ce thème dans la campagne présidentielle.

A lire : « Eliminer la pauvreté » Julien DAMON

mercredi 30 novembre 2011

Le care, sentiment de responsabilité à l’égard des autres.


La pratique du care entraîne, tout au moins au départ, une relation asymétrique.
C'est-à-dire que dans un 1er temps, la personne vulnérable sera relativement incapable à « retourner » le don qui est fait.
Puis, afin de dépasser la notion d’ayant droit, il faudra que la responsabilité du care soit partagée entre l’accompagnant et le bénéficiaire.
La responsabilité en travail social demande la prise en compte des effets du lien humain établi, mais aussi la reconnaissance de la vulnérabilité et du besoin d’accompagnement.
Le care est en cela, un des moyens de redonner de l’autonomie réelle ou encore des capabilités à des personnes qui en ont été momentanément ou définitivement privées.
Le care se caractérise par le sentiment de responsabilité à l’égard des autres.

Selon Joan TRONTO*, le care est un processus actif qui se décompose en 4 phases :
-       Se soucier de : il s’agit de l’attention portée à autrui, de la reconnaissance d’un besoin qui demande à être satisfait
-       Prendre en charge : cette phase implique de prendre en compte le besoin qui peut être satisfait et de déterminer les moyens pour y parvenir (une responsabilité assumée)
-       Prendre soin : mise en place du travail effectif du soin, avec les compétences qu’il requiert.
-       Recevoir le soin : vérifier auprès du bénéficiaire que le soin accordé était bien en adéquation avec le besoin exprimé.
Le care est systématiquement dévalorisé car on le cantonne avec la sphère privée, l’affectivité et la proximité.
Il faut le mettre au cœur de la dimension politique et donc le centrer dans la vie sociale, en interrogeant l’individualisme libéral et en proposant une nouvelle éthique libérale.
Ce qui suppose de prendre au sérieux les activités de service (de care) et toutes les institutions qui prennent en charge la grande vulnérabilité vitale ou sociale.

*Joan TRONTO : traduit en français sous le titre : « un monde vulnérable, pour une politique du care ».