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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

mercredi 30 novembre 2011

Le care, sentiment de responsabilité à l’égard des autres.


La pratique du care entraîne, tout au moins au départ, une relation asymétrique.
C'est-à-dire que dans un 1er temps, la personne vulnérable sera relativement incapable à « retourner » le don qui est fait.
Puis, afin de dépasser la notion d’ayant droit, il faudra que la responsabilité du care soit partagée entre l’accompagnant et le bénéficiaire.
La responsabilité en travail social demande la prise en compte des effets du lien humain établi, mais aussi la reconnaissance de la vulnérabilité et du besoin d’accompagnement.
Le care est en cela, un des moyens de redonner de l’autonomie réelle ou encore des capabilités à des personnes qui en ont été momentanément ou définitivement privées.
Le care se caractérise par le sentiment de responsabilité à l’égard des autres.

Selon Joan TRONTO*, le care est un processus actif qui se décompose en 4 phases :
-       Se soucier de : il s’agit de l’attention portée à autrui, de la reconnaissance d’un besoin qui demande à être satisfait
-       Prendre en charge : cette phase implique de prendre en compte le besoin qui peut être satisfait et de déterminer les moyens pour y parvenir (une responsabilité assumée)
-       Prendre soin : mise en place du travail effectif du soin, avec les compétences qu’il requiert.
-       Recevoir le soin : vérifier auprès du bénéficiaire que le soin accordé était bien en adéquation avec le besoin exprimé.
Le care est systématiquement dévalorisé car on le cantonne avec la sphère privée, l’affectivité et la proximité.
Il faut le mettre au cœur de la dimension politique et donc le centrer dans la vie sociale, en interrogeant l’individualisme libéral et en proposant une nouvelle éthique libérale.
Ce qui suppose de prendre au sérieux les activités de service (de care) et toutes les institutions qui prennent en charge la grande vulnérabilité vitale ou sociale.

*Joan TRONTO : traduit en français sous le titre : « un monde vulnérable, pour une politique du care ».

mercredi 23 novembre 2011

Le devoir du care dans l’intervention sociale


L’éthique du care vient de l’horizon américain dans les années 1970.
Le care recouvre 2 idées :
-       Se soucier de (attention portée à autrui)
-       Prendre soin (activité et travail)

Le care est une critique du néolibéralisme. Il n’est plus possible de « forcer les individus à une autonomie fondée sur la performance, de reléguer les laissés pour compte, les précaires de plus en plus nombreux éliminés par ces normes de la rationalité économique… »*
La notion réintroduit l’importance du lien social dans les états qui remettent en cause l’état providence.
Le care fait appel à 2 concepts :
-       La vulnérabilité qui enjoigne d’accepter de concevoir l’être humain à travers ses failles, ses accidents (au niveau vital, social, environnemental …).
Au cours de l’existence, chaque individu passe par des phases de dépendance et d’indépendance, d’autonomie et de vulnérabilité.
Chacun n’est pas uniquement sujet de droits capable de nouer des relations de réciprocité, de répondre aux injonctions à l’autonomie.
Il faut accepter une nouvelle compréhension de l’autonomie, la voir dans sa complexité du jeu entre dépendance et indépendance.
-       Le 2ème concept d’interdépendance reflète la notion de lien social. Chaque individu est inscrit dans des réseaux, dans un contexte de relations plus ou moins dépendantes.
A partir de ces 2 concepts, il s’agit de comprendre les individus, d’adapter la société à la capabilité des individus.
La société démocratique va favoriser la possibilité du care en restaurant la confiance dans les relations sociales et de travail.
Avec le care, nous nous soucions des personnes telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient être.
Avec le care, il s’agit de répondre à l’appel d’une personne vulnérable et non d’accomplir une obligation contractuelle dans une relation technique ou commerciale.
Aucune société ne peut faire l’économie de l’activité sociale du care.
C’est un enjeu majeur de justice sociale.
Il faut garantir à chaque individu un minimum de care qui doit permettre un élargissement de sa capacité d’action en tenant compte de sa vulnérabilité.
Il existe également un devoir collectif de « prendre soin » d’objets essentiels comme le climat, la biodiversité…

A lire : *Fabienne BRUGERE, l’éthique du care – Que sais-je ?

mercredi 16 novembre 2011

Le contrat en travail social


L’intervention sociale se justifie très souvent par une approche contractuelle.
L’exemple le plus parlant est le contrat signé entre le référent (travailleur social) et le bénéficiaire du RSA .
La notion de contrat suppose que les deux parties soient sur un pied d’égalité et que la relation contractuelle entraîne la responsabilité réciproque.
En droit, en cas de non respect de son engagement, le contractant va se voir opposer la sanction prévue.

Mais, il n’est pas possible d’affirmer qu’exiger une activité professionnelle, même réduite, l’est en contrepartie d’un minima social alloué.
En effet, le minima social est attribué en vertu d’une disposition législative qui en fixe les conditions.
Son bénéficiaire n’est pas dans l’attitude de quémander une aide mais bien dans l’exercice d’un droit qui lui est conféré par la loi.
D’autre part, seul un contrat de travail peut être la contrepartie de l’exigence d’une prestation professionnelle.
A moins que cette exigence ne figure dans la loi, comme condition de l’obtention de l’aide sociale.
Auquel cas, il s’agit d’un droit pour le bénéficiaire à accéder à une activité professionnelle.
L’Etat qui aurait fixé ce droit est-il en mesure de respecter ses engagements vis-à-vis des bénéficiaires ?

On le voit, les limites de cette approche « contractuelle » sont réelles.
Tout d’abord, on peut dire que dans le cadre d’un contrat social, la relation contractuelle est très inégalitaire.
Ce « contrat » lie deux parties signataires, souvent une personne morale représentée par ses agents et un individu « bénéficiaire » qui se trouve en réalité en situation de faiblesse.
Dans cette approche, on pose l’intervention sur un fondement rationnel : l’existence d’une norme, d’une loi.
Mais, on fait alors abstraction de l’imprévisibilité à la fois du comportement de la personne accompagnée mais aussi de l’évolution de sa situation et du contexte dans lequel elle évolue, et encore des effets de la relation mise en place.
L’adhésion au projet proposé peut se construire en différentes étapes. Elle peut même faire défaut à certains moments de la relation et constituer une sorte « d’échec ».
D’autre part, le travailleur social, malgré le professionnalisme mis en œuvre, ne peut avoir une attitude complètement rationnelle, dépourvue de jugements ni d’émotions.
La personne vulnérable n’est ni responsable, ni coupable de sa situation.
Pour aider une personne, il faut une attitude bienveillante et une posture volontaire.
Il faut créer un lien, une relation humaine.

vendredi 11 novembre 2011

Les caractéristiques de l’accompagnement social


- L’accompagnement social est nécessairement global.
Les personnes vulnérables cumulent un certain nombre de difficultés qui sont le résultat d’une conjonction autant de causes structurelles que de ruptures personnelles.
Cette spécificité s’oppose aux logiques de segmentation des politiques publiques concernant la résolution des problèmes rencontrés par les personnes en situation d’exclusion sociale.
L’accompagnement global va donc viser un projet personnalisé dans tous les aspects de sa vie grâce à un diagnostic de départ réalisé conjointement.
- Chaque parcours est singulier.
Ce qui explique que l’accompagnement de  la démarche d’une personne vulnérable sera spécifique et mettra en œuvre des savoir-faire particuliers.
L’accompagnement ne peut se limiter à apporter des informations techniques ou à permettre la simple ouverture de droits.
- Il exige la mise en place d’un lien de proximité, basé sur la confiance réciproque et doit mettre en œuvre l’empathie de l’accompagnant.
- l’accompagnant va forcément proposer à la personne une mise en relation avec d’autres partenaires spécialisés dont il assurera l’établissement et la coordination.
Il est le garant de la continuité et de l’articulation des différentes étapes soumises à l’approbation du bénéficiaire.
Le renvoi d’un service social à un autre lui sera ainsi épargné.
- L’accompagnement social s’inscrit dans la durée.
Le processus ne peut s’entendre comme un parcours linéaire. Il sera au contraire juché d’embûches, de réussites. Il va se caractériser par des renoncements, des abandons provisoires, des réajustements, des victoires, des tentatives échouées.
Autant de va-et-vient qui imposeront à l’accompagnant d’être disponible, réactif, de se (re)mettre à la tâche au point où le bénéficiaire était parvenu.
- l’accompagnement social est une démarche participative.
(voir la page du blog consacrée aux « pratiques participatives »)
Elle nécessite, à tous les moments du parcours, la participation du bénéficiaire lors de :
            - l’expression des attentes
            - l’élaboration du diagnostic
            - la co-construction du projet
            - du réajustement en continu
            - la co-évaluation aux différentes étapes du parcours et à l’issue de la démarche.
Cette participation va susciter le développement du pouvoir d’agir du bénéficiaire (DPA).

jeudi 3 novembre 2011

Les caractéristiques de l’utilité sociale

Il existe plusieurs moyens, pour une organisation de générer de l’utilité sociale.

- L’utilité sociale est directement liée à l’action même.
- Elle peut découler de la manière de réaliser l’action.
- La façon d’articuler plusieurs actions ou plusieurs secteurs d’intervention induisent aussi de l’utilité sociale.
Ainsi, l’intervention transversale de la structure va apporter une plus-value par rapport à la segmentation mise en place par les politiques publiques.
- Les pratiques d’une structure, ses modalités de travail (partenariat par exemple), ses relations entre les différentes parties prenantes vont également créer de l’utilité sociale.

L’utilité sociale peut donc être l’objectif prioritaire affiché de l’action menée. Elle relève aussi d’un objectif secondaire ou même constitue un effet induit.

Dans tous les cas, la notion de l’utilité sociale est singulière par rapport à l’appréciation qu’en ont les parties prenantes de l’organisation, des valeurs qui sont portées.

Elle dépend également du contexte précis où elle s’applique : groupe de personnes, territoire…

Il ne faut pas confondre le projet associatif - l’objet statutaire de la structure - et l’utilité sociale dégagée par l’association.