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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

mardi 2 juin 2015

Emploi et aide à domicile


Un rapport de la DARES (Direction de l’Animation, de la Recherche, des Etudes et des Statistiques sur les services à la personne en 2013 est assez inquiétant. Pourtant le secteur était présenté comme porteur d’emploi.

En 2012, l’activité globale déclarée dans le secteur des services à la personne baisse à nouveau (-1,1 %) après 2011 (-1,3 %).

Cette baisse résulte de la diminution du nombre d’heures rémunérées dans l’emploi direct (particuliers employeurs) depuis 2009 (-2,5 %). Les moindres possibilités de déduction fiscale en est probablement une raison importante.
La DARES enregistre également une baisse du nombre de salariés employés par des particuliers (-1,4 %), ainsi que du nombre de particuliers employeurs et une diminution continue du nombre moyen d’heures rémunérées par les particuliers employeurs.

La DARES mentionne une poursuite de la baisse de l’activité mandataire en 2012.

L’activité des organismes prestataires poursuit, en revanche sa hausse, mais à un rythme ralenti (+1,2 % après +2,9 % en 2011).
Les effectifs des organismes prestataires continuent de croître (+2 %), regroupant 427 000 intervenants au 2e trimestre 2012 mais marquent le pas.
Cette hausse de l’activité et de l’emploi des organismes prestataires, bénéficie surtout aux entreprises privées. Une croissance encore forte du nombre d’organismes, portée principalement par les autoentrepreneurs.
Leur nombre d’heures d’intervention à domicile croît à nouveau vivement en 2012 (+13 %) et leurs effectifs sont en hausse de 16 %.

À l’inverse, l’activité et l’emploi des associations et organismes publics prestataires continuent de décroître (3,5 %).

Cette situation bien sombre, est confirmée par les fédérations associatives et Yves Vérollet, directeur de l’UNA (Union Nationale de l’Aide, des soins et des services à domicile) pour qui « la branche vit un moment difficile ».
Pour l’UNA, le CICE (Crédit d’impôt Compétitivité et Emploi) n’est pas destiné aux associations, et favorise donc le privé lucratif.

Ce secteur a sollicité un fonds de restructuration. Dans ce contexte, la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement représente un véritable enjeu.

L’heure est peut-être aussi de lancer dans ce secteur une véritable réflexion de stratégie prospective : prise en charge globale des bénéficiaires, coordination sur un même territoire de l’aide et du soin et donc regroupements de structures qui réalisent des prestations diversifiées afin de proposer un service généraliste de l’aide à domicile et de prévention avec une plus grande participation des bénéficiaires, innovations, démarches qualité et évaluation de l’utilité sociale des services rendus...

mercredi 20 mai 2015

Intervention Sociale d'Intérêt Collectif


Qu’on le nomme, travail social communautaire, travail social avec des groupes ou développement social local …. Ces méthodologies ne sont pas récentes.
Mais elles sont encore fort peu développées. Leur utilisation est trop souvent le fait de professionnels et institutions convaincus.

Déjà en 1987, le Conseil Supérieur du Travail Social avait publié un rapport et des recommandations sur ces méthodes qu’il a renommé « Intervention Sociale d’Intérêt Collectif ». 

Dans un rapport– Intervention sociale, un travail de proximité – en 2006, l’IGAS fait le constat d’une « intervention collective trop peu développée où la relation individuelle l’emporte sur les approches collectives »
L’IGAS souhaitait « Faire du développement des modes d’intervention collective une priorité, que ce soit le travail communautaire comme le travail en groupe ».
Ce rapport propose de « faire du développement des capacités collectives un enjeu fort du travail social ».

L’intervention sociale d’intérêt collectif se définit comme l’action des travailleurs sociaux auprès de personnes constituées en groupe, sur un territoire ou dans une institution, ayant pour objectif de : 
- Créer des réponses collectives à des problèmes collectifs, 
- Faciliter l’accès aux ressources existantes et/ou créer des nouvelles, 
- Développer l’autonomie personnelle et sociale par la participation citoyenne à la vie sociale locale.

L’ISIC comprend différents niveaux d’intervention en travail social : du travail auprès de petits groupes jusqu’au développement social local. L’ISIC a comme avantage de mettre l’accent sur la participation indispensable des personnes et la centration sur leurs propres capacités et dynamismes. 

En 2007, un appel soutenu par l’Association Nationale des Assistants de Service Social (ANAS) est lancé par un groupe de responsables et militants engagés dans le développement social « pour mieux vivre ensemble, promouvoir le travail social et le développement communautaire ». Ses auteurs se donnent alors comme objectifs de :
– Développer les valeurs républicaines et la notion de communauté dans l’intervention sociale,
– Définir les concepts de développement social et de travail social communautaire,
– Favoriser la prise en compte de ces dimensions dans la formation initiale et tout au long de la vie des travailleurs sociaux.

Les contradictions actuelles sont mises en exergue par un rapport suite à la mise en place d’un groupe de travail dans le cadre du Conseil Supérieur du Travail Social (en 2010) afin de répondre à la question : comment se fait-il que l’ISIC ne se développe pas en France (?) et repérer les leviers favorisant son développement.

Il existe sur le territoire de nombreuses actions collectives qui sont peu connues, peu visibles, certaines s’effectuent même cachées, pointe le rapport.

Au titre des obstacles le rapport souligne la crainte des professionnels de se trouver dans une posture particulière « face » au groupe, en confrontation alors que la posture du professionnel se doit d’être  « avec » le groupe.
Certains associent désormais le terme de collectif à celui de risque de contestation.

S’inscrire dans une pratique de travail social d’intérêt collectif est donc encore aujourd’hui un acte d’engagement.

Cependant, il serait contre-productif de dissocier les deux modes d’intervention : action collective et travail individuel. Le travail individuel avec la personne en situation de fragilité restera toujours nécessaire, et ne peut en aucun cas être opposé à l’action collective.

Les enjeux du développement de cette pratique sont notamment, la professionnalité, la dynamique démocratique, la visibilité et la cohésion sociale, pour le développement local.

Le développement de l’intervention sociale d’intérêt collectif justifie une stratégie appropriée et une cohérence dans les organisations de travail
Cette forme d’intervention ne se décrète pas. Elle se construit au fil du temps avec l’ensemble des acteurs.
Elle nécessite une implication professionnelle où la question de la juste distance est posée, un nécessaire développement des compétences professionnelles et de lever les résistances institutionnelles : « l’agir collectif » mal maîtrisé en travail social est perçu comme risqué et difficile à évaluer.

 On le voit, la formation des professionnels est une condition importante du développement de l’ISIC.
Le nouveau référentiel professionnel et de formation de 2004 (Décret du 11 juin 2004 et Arrêté du 29 juin 2004) ne s’y trompe pas qui a notablement renforcé l’enseignement et la pratique de l’ISIC.

On pourra lire avec intérêt l’outil pédagogique «  les compétences essentielles à l’agir-ensemble » – 2014 par Communagir.*


 

jeudi 9 avril 2015

Accompagnement social individualisé ou avec des groupes ?


Ou encore le travailleur social doit-il axer son accompagnement sur l’intervention sociale d’intérêt collectif ou l’intervention sociale individualisée ?

Prenons l’exemple de l’action sociale au sein d’un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale.
La pratique professionnelle y connaît aujourd’hui un travail social avec des populations marginalisées dont les problèmes résultent de facteurs personnels et structurels, comme ceux liés, entres autres, à la problématique du logement et de l’emploi…
Les problèmes sociaux liés à l’exclusion et la précarité sont principalement dus à des situations contextuelles et sociétales (chômage, emploi précaire, relégation culturelle et sociale, discriminations), ils frappent plus durement les personnes les plus vulnérables.
Les réponses à ces situations doivent être, elles aussi complexes et répondre à ces multiples causes.
La problématique complexe de l’exclusion impose ainsi de dépasser les lieux traditionnels d’intervention et d’agir en relation avec l’ensemble des parties prenantes.

 Le risque d’un accompagnement qui s’attache exclusivement au niveau personnel est de conduire à un type d’intervention qui peut rendre la personne responsable de l’échec.
L’intervention sociale individualisée, certes indispensable bien souvent pour accéder aux droits, ne reflète pas l’intention d’autonomie pour la personne, et sera donc efficacement complétée par l’intervention sociale d’intérêt collectif * permettant aux personnes de retrouver confiance en soi, reconnaissance, utilité sociale et de développer leur pouvoir d’agir sur leur vie. 
Le principe d’individualisation reste cependant un facteur d’aide essentiel.

Mais il s’agit de créer des réponses collectives à des problèmes collectifs afin de :
- Faciliter l’accès aux ressources existantes et/ou en créer de nouvelles 
- Développer l’autonomie personnelle et sociale par la participation citoyenne à la vie sociale locale.

L’intervention sociale d’intérêt collectif est fondée sur des valeurs de solidarité, de coopération et de collaboration entre les personnes, elle croit en leurs capacités, leurs potentialités et leurs forces individuelles et collectives.

Le bénéficiaire au sein du groupe devient une force dynamique possédant une volonté et mobilisant ses propres énergies, une personne gardant le pouvoir d’accepter et de rejeter l’aide, capables autodétermination.
Le groupe est producteur d’énergies.
Le groupe offre des possibilités de soutien, de partage des pouvoirs (empowerment) en vue de modifier les conditions qui sont à l’origine des problèmes communs qui va enclencher le processus de résolution de problèmes.

L’intégration de la méthodologie de travail social avec les groupes à la pratique quotidienne va de plus, offrir un espace de (re)socialisation proche des réalités sociales et va permettre le développement de nouveaux comportements et compétences.
La pratique sociale avec des groupes s’intéresse aux problématiques individuelles et collectives (au plan sociétal) et les intègre. Elle est caractérisée par l’action compétente du travailleur social et par les interactions des membres du groupe et repose aussi sur le principe de l’aide mutuelle.

L’intervention sociale d’intérêt collectif permet un changement individuel autant qu’un changement de la société, en accroissant l’estime de soi, le développement personnel, les capacités à régler les conflits de chaque participant.

*à consulter, le rapport du Conseil Supérieur du Travail Social.

jeudi 28 mars 2013

Une approche positive de la résolution de problèmes


« Derrière chaque problème, il y a toujours une leçon cachée » Yannick NOAH

Il y a un problème lorsqu'on constate qu'une situation est non satisfaisante, qu'il existe un décalage entre la réalité et ce qui est attendu.
C’est la formalisation de la problématique (formulation claire du problème choisi) : un problème bien posé est déjà à moitié résolu, qui va orienter la démarche.

Il existe de nombreux méthodes et outils de résolution des problèmes : apprentissage basé sur l’expérience, systémique, approche par problème, méthode QQOQCP (ou 7 catégories de questions à se poser), méthode des 5P (pourquoi), méthode RADAR …

La meilleure méthode est sans aucun doute celle avec laquelle la personne qui s’en sert se sent le plus à l’aise. Certains critères de choix existent : certains sont d’ordre plutôt pratique – la durée de la méthode de résolution de problèmes, le nombre de participants ; d’autres sont liés au type de problèmes à résoudre, au type d’approche pour résoudre le problème, au type de participation et à l’implication des participants…
L’important est d’avoir bien en tête la cartographie des attitudes ou forces en présence, ainsi que l’environnement du problème.
Face à un environnement complexe, ou à des problèmes difficiles (situation vague, à multiples objectifs, avec un nombre élevé de corrélations, dynamiques car très liés au temps),  par où commencer ? Il faut choisir une tâche sur laquelle se concentrer. Pour gérer la complexité, il est utile de la diviser en plusieurs parties.

De nombreux facteurs humains vont impacter le processus de résolution problèmes : le choc, la dénégation, la frustration, le rejet…
Bien souvent, il s’agira de pratiquer la notion de résilience.
Des postures lors de la démarche de résolution problème vont aussi la favoriser : posture réflexive, mettre en place une stratégie de résolution dans l’action, accepter le changement de perspective, être convaincu que nous avons la capacité d’agir…

Toutes les méthodes de résolution de problèmes procèdent par séquences. Le rôle de ces séquences est d’augmenter notre capacité à utiliser différentes aptitudes à l’écoute active dans différentes parties du processus. Il s’agit de suivre une démarche méthodique, par étapes.

Quels sont les fondements et les points forts des démarches de résolution des problèmes ?
Une des finalités majeures de toute méthode de résolution de problèmes est de soutenir chez la personne confrontée au problème et chez les participants plus généralement, l’expression de la pensée créative et de la pensée critique.
En ce qui concerne la pensée créative, l’idée est de rejeter des approches de résolution de problèmes par trop normalisées pour s’intéresser à une large gamme de possibles, en considérant un problème de multiples points de vue.
Quant à la pensée critique, elle permet de porter une appréciation sur des idées, de disséquer des arguments, d’apprécier la rationalité d’une solution et de choisir les solutions et les activités qui semblent les plus satisfaisantes

La résolution de problèmes demande une approche par la démarche appréciative c'est-à-dire une approche positive de la résolution.
On peut dire avec Peter DRUCKER : « On obtient des résultats en exploitant des opportunités, non en résolvant des problèmes »

En conclusion : le processus de résolution de problèmes est un outil essentiel pour apprendre et pour améliorer, développer les compétences professionnelles.

vendredi 22 mars 2013

La solidarité, l’affaire de tous, par la multiplication des synergies


Les politiques de « workfare » ou activation de la protection sociale dont les objectifs sont de réduire la pauvreté et d’augmenter le taux d’activité des personnes sans emploi n’ont pas fait leurs preuves*. L’évaluation du RSA l’a montré. Car le monde du travail et les bénéficiaires ne se sont pas mobilisés, alors que ces politiques accentuent de plus en plus, le lien entre activité du bénéficiaire et prestation.
Ainsi, en France, la part des inactifs dans la population totale n’a pas diminué avec l’instauration du RMI puis du RSA.
Ce qui manque en réalité, ce sont des propositions d’emploi.

On avance aujourd'hui le concept ‘d’entreprise sociale’. Encore faut-il se mettre d’accord sur la définition de ce terme. En France, cette notion prend racine dans les principes de l’économie sociale et solidaire, les entreprises d’insertion. Ces entreprises ont pour objectif d’aider les chômeurs peu qualifiés, en voie d’exclusion du marché du travail, à s’insérer socialement dans la société en général et dans le monde du travail.
Comment distingue-t-on une entreprise sociale ?
« Etre une entreprise sociale, c’est faire primer la responsabilité sociale sur la finalité lucrative, notamment en limitant la rémunération du capital »*.
Il faut aujourd'hui imaginer le développement territorial des entreprises d’insertion.

Compte tenu du taux de pauvreté (14,1 % en 2010), des entreprises du secteur marchand tentent de décliner une approche innovante auprès du public le plus défavorisé.
*SFR et Emmaüs Défi développent une offre de téléphonie solidaire.
Essilor a créé Optique Solidaire qui permet aux plus de 60 ans d’avoir accès à des lunettes de qualité, Blédina et la Croix Rouge proposent des bons de réduction de 30 à 40 % sur les produits alimentaires pour bébé, Renault et l’association Voiture & Co ont mis en place une offre entretien-réparation de 20 à 50 % du prix habituel pratiqué…
Encore une fois, ce sont ces synergies locales entre une entreprise, une association et une collectivité qu'il faudrait multiplier.


*Jean-Claude BARBIER, sociologue
* Marthe NYSSENS , économiste belge et co-fondatrice du réseau EMES
* article dans l’EXPRESS du 6 février 2013

mardi 12 mars 2013

La cohésion sociale ébranlée


Selon Stéphane ROZES, il existe un vrai fossé entre l’imaginaire des Français, qui aspirent à plus de cohésion sociale et la réalité des inégalités sociales.
Selon un récent baromètre*, seuls 38 % de nos concitoyens pensent que la société française offre à chacun la place qu’il mérite.

Cette volonté de vivre ensemble autour de valeurs communes est en train de se fissurer face à la montée de la précarité qui touche désormais toute la société.
« Le social ne doit plus être la voiture-balai du système productif mais bien un élément créateur de richesses » dit Stéphane ROZES.
A la faveur des crises économiques récentes, les inquiétudes sur la cohésion sociale ont une ampleur particulière.
Outre la montée des inégalités, de nombreuses lignes de fracture affaiblissent le ciment des sociétés européennes travaillées par l’individualisme : augmentation de la pauvreté, montée en charge des dépendances, fragilisation des publics …
Même les classes moyennes se sentent victimes d’évolutions qu’elles ne maîtrisent plus.
Malgré l’existence d’une forte couverture des risques sociaux, attestée par la croissance des montants dépensés pour la protection sociale, les Français restent très préoccupés par la question des inégalités et des discriminations. C’est dans ce contexte d’interrogations grandissantes sur la nature et la force du lien social que la notion de « cohésion sociale » a été réactualisée.

Pendant 2 ans, de septembre 2010 et avril 2012, le Centre d’analyse stratégique (CAS) et la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ont organisé une série de quatorze séminaires publics sur les instruments et les acteurs des politiques de cohésion sociale. 
De ces réflexions produites ressort un rapport* publié à partir de trois objectifs :
-       adapter les politiques de cohésion sociale aux transformations qui ont été évoquées lors des rencontres réalisant ainsi des diagnostics territoriaux.
-       mettre en lumière des exemples de bonnes pratiques locales en repérant les innovations locales : repérer des méthodes nouvelles, des acteurs émergents, des arrangements institutionnels originaux.
-       aller regarder ailleurs, les problèmes qui s’y posent souvent de façon similaire,  s’apercevoir que les réponses institutionnelles diffèrent sensiblement.
En mettant ainsi en évidence des configurations diverses, ce rapport  devrait  constituer un outil de travail pour l’ensemble des professionnels qui agissent en faveur de la cohésion sociale.

* CREDOC (2011), Baromètre de la cohésion sociale. Étude réalisée à la demande de la DGCS.
* Rapport consultable sur le site du Centre d’Analyse Stratégique.

lundi 4 mars 2013

La solidarité, une valeur sûre ?


Un sondage exclusif CSA, réalisé pour l’UNIOPSS et la MACIF par Internet du 18 au 20 décembre 2012 tente de répondre à cette question.

Il en ressort que 75% des Français pensent qu’eux-mêmes ou un de leur proche pourrait se retrouver un jour en situation de précarité.
Ce risque est plus encore ressenti par les actifs (82%) et les catégories populaires (87%).

Paradoxalement, ce niveau d’inquiétude individuelle élevé explique que la solidarité soit une valeur en baisse pour les français.
Dans un contexte de perception d’une progression des injustices sociales, la recherche de protection et de sécurité se fait avant tout parmi les proches, la famille reste la valeur dominante citée (46%, inchangé par rapport à 2009), comme le tout premier cercle protecteur.
Avec une progression importante par rapport à 2009, viennent ensuite 3 valeurs : l’honnêteté (33%, + 9 points), la justice (32%, + 13 points), la sécurité (22%, + 10 points).
La valeur la plus en baisse est la solidarité (20%, - 8 points).

Les sondés, s’ils avaient besoin d’aide, se tourneraient vers leur famille (58 %) ou une association (40 %), les collectivités locales (34%) bien avant l’Etat (17 %) qui vient encore derrière les amis (23%).  
Plus grave, un Français sur 10 ne saurait pas vers qui se tourner.

La solidarité est de plus en plus perçue comme relevant de l’initiative individuelle ou associative et moins de l’Etat providence. Les sondés expriment une confiance dans les individus et les associations pour agir efficacement face à la crise.
 A la question posée sur la confiance dans différents acteurs pour agir efficacement face aux difficultés provoquées par la crise, les premiers acteurs de confiance cités sont les associations (67% de confiance), devant les initiatives des citoyens (61% de confiance). Les mutuelles (42% des Français font confiance) et les pouvoirs publics (39%) sont cités ensuite.
Les sondés estiment que les associations tiennent leur efficacité de la connaissance du terrain (47%),  du fait de ne pas rechercher le profit (46%) et d’être transparent financièrement (40%).

Même si les sondés s’interrogent sur l’efficacité de l’action publique en matière de solidarité à travers la confiance qu’ils accordent aux différents acteurs, ils ne veulent pas pour autant que l’Etat abandonne ce rôle.
La majorité (59%) souhaite que les dispositifs de protection sociale en direction des personnes en situation de précarité restent une priorité pour les pouvoirs publics.

Solidarité, contribution de tous ou participation individuelle ?
D’autre part, 46% (63% des sympathisants de gauche) aspirent à une solidarité qui soit une contribution de l’ensemble de la population organisée par les pouvoirs publics.
42% (53% des sympathisants de droite) préfèrent que la solidarité soit plutôt une contribution individuelle laissée à l’initiative de chacun.
Les bénéficiaires prioritaires des aides et dispositifs sociaux publics devraient être ceux nécessitants des besoins précis et perçus comme urgents.