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Je suis
- Sylvie DEBEIR
- Nord-Pas-de-Calais, France
- Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.
La citation du moment
"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)
mardi 17 avril 2012
Laisser de côté la cohésion sociale ?
Les préoccupations liées à la cohésion sociale sont résultantes de l’époque actuelle.
La place prépondérante des marchés qui devraient assurer la répartition des ressources et des pouvoirs, l’idéologie libérale classique (réduction du rôle de l’Etat, liberté et responsabilité individuelle …) créent un climat de débat pour ceux, de plus en plus nombreux, qui craignent les coûts politiques sociaux et économiques qu’engendrerait le fait de laisser de côté la cohésion sociale et la responsabilité qui en découlerait pour les institutions des démocraties libérales.
De nombreuses études mettent l’accent sur un phénomène de « détérioration » de la cohésion sociale dont les conditions d’existence feraient défaut. Dans de nombreux pays, on perçoit qu’un grand nombre d’indicateurs virent au rouge. Certains s’interrogent sur les mesures à prendre.
La cohésion sociale écrit Judith MAXWELL* « se construit sur les valeurs partagées et un discours commun, la réduction des écarts de richesse et de revenu ». « Les gens doivent avoir l’impression qu’ils participent à une entreprise commune, qu’ils ont les mêmes défis à relever et qu’ils font partie de la même collectivité ».
Les processus sociaux qui contribuent au sentiment d’appartenance à une communauté et de reconnaissance au sein de cette communauté, fondent la cohésion sociale.
Jane JENSON* « déconstruit » (tenant ainsi compte de la diversité des déclinaisons), le concept de cohésion sociale en 5 dimensions constitutives :
- Appartenance / isolement : restauration et densification du lien social,
- Insertion / exclusion : capacité d’accéder à une activité économique (marché du travail),
- Participation / passivité : participation à la vie de la cité vie du quartier, associations, investissement dans le vivre ensemble,
- Reconnaissance / rejet : adopter une vision pluraliste des systèmes de valeur, la tolérance des différences,
- Légitimité / illégitimité : il est crucial de restaurer la légitimité d’une gamme de corps intermédiaires, d’institutions publiques et privées agissent comme médiateurs et assurent l’interconnexion entre les individus et la société.
La cohésion sociale doit se décliner à partir de la plus petite communauté locale jusqu’à la communauté nationale voir au-delà.
Mais « la cohésion sociale peut-elle être une menace à la cohésion sociale ? » s’interroge Jane JENSON. Par des phénomènes de communautarisme, notamment.
La question reste entière de déterminer ce qui stimule la cohésion sociale.
De même, les éléments de cohésion sociale à un échelon local sont-ils reproductibles, peuvent-ils s’agréger à un niveau national ?
Ambigu, ce concept peut devenir aussi un moyen de maintenir l’ordre social dans une période de perturbations économiques et/ou politiques.
Ce qui n’est pas sans rappeler la période que nous vivons actuellement en France et en Europe !
*Judith MAXWELL, directrice du Réseau canadien de recherche en politiques publiques
*Jane JENSON, titulaire de la Chaire du Canada en citoyenneté et gouvernance, directrice de la revue scientifique Lien Social et politiques
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