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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

jeudi 9 avril 2015

Accompagnement social individualisé ou avec des groupes ?


Ou encore le travailleur social doit-il axer son accompagnement sur l’intervention sociale d’intérêt collectif ou l’intervention sociale individualisée ?

Prenons l’exemple de l’action sociale au sein d’un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale.
La pratique professionnelle y connaît aujourd’hui un travail social avec des populations marginalisées dont les problèmes résultent de facteurs personnels et structurels, comme ceux liés, entres autres, à la problématique du logement et de l’emploi…
Les problèmes sociaux liés à l’exclusion et la précarité sont principalement dus à des situations contextuelles et sociétales (chômage, emploi précaire, relégation culturelle et sociale, discriminations), ils frappent plus durement les personnes les plus vulnérables.
Les réponses à ces situations doivent être, elles aussi complexes et répondre à ces multiples causes.
La problématique complexe de l’exclusion impose ainsi de dépasser les lieux traditionnels d’intervention et d’agir en relation avec l’ensemble des parties prenantes.

 Le risque d’un accompagnement qui s’attache exclusivement au niveau personnel est de conduire à un type d’intervention qui peut rendre la personne responsable de l’échec.
L’intervention sociale individualisée, certes indispensable bien souvent pour accéder aux droits, ne reflète pas l’intention d’autonomie pour la personne, et sera donc efficacement complétée par l’intervention sociale d’intérêt collectif * permettant aux personnes de retrouver confiance en soi, reconnaissance, utilité sociale et de développer leur pouvoir d’agir sur leur vie. 
Le principe d’individualisation reste cependant un facteur d’aide essentiel.

Mais il s’agit de créer des réponses collectives à des problèmes collectifs afin de :
- Faciliter l’accès aux ressources existantes et/ou en créer de nouvelles 
- Développer l’autonomie personnelle et sociale par la participation citoyenne à la vie sociale locale.

L’intervention sociale d’intérêt collectif est fondée sur des valeurs de solidarité, de coopération et de collaboration entre les personnes, elle croit en leurs capacités, leurs potentialités et leurs forces individuelles et collectives.

Le bénéficiaire au sein du groupe devient une force dynamique possédant une volonté et mobilisant ses propres énergies, une personne gardant le pouvoir d’accepter et de rejeter l’aide, capables autodétermination.
Le groupe est producteur d’énergies.
Le groupe offre des possibilités de soutien, de partage des pouvoirs (empowerment) en vue de modifier les conditions qui sont à l’origine des problèmes communs qui va enclencher le processus de résolution de problèmes.

L’intégration de la méthodologie de travail social avec les groupes à la pratique quotidienne va de plus, offrir un espace de (re)socialisation proche des réalités sociales et va permettre le développement de nouveaux comportements et compétences.
La pratique sociale avec des groupes s’intéresse aux problématiques individuelles et collectives (au plan sociétal) et les intègre. Elle est caractérisée par l’action compétente du travailleur social et par les interactions des membres du groupe et repose aussi sur le principe de l’aide mutuelle.

L’intervention sociale d’intérêt collectif permet un changement individuel autant qu’un changement de la société, en accroissant l’estime de soi, le développement personnel, les capacités à régler les conflits de chaque participant.

*à consulter, le rapport du Conseil Supérieur du Travail Social.