Qu’on le nomme,
travail social communautaire, travail social avec des groupes ou développement
social local …. Ces méthodologies ne sont pas récentes.
Mais elles sont encore
fort peu développées. Leur utilisation est trop souvent le fait de
professionnels et institutions convaincus.
Déjà en 1987, le
Conseil Supérieur du Travail Social avait publié un rapport et des
recommandations sur ces méthodes qu’il a renommé « Intervention Sociale
d’Intérêt Collectif ».
Dans un rapport–
Intervention sociale, un travail de proximité – en 2006, l’IGAS fait le constat d’une « intervention collective trop peu développée
où la relation individuelle l’emporte sur les approches collectives »
L’IGAS souhaitait « Faire du
développement des modes d’intervention collective une priorité, que ce soit le
travail communautaire comme le travail en groupe ». Ce rapport propose de « faire du développement des capacités collectives un enjeu fort du travail social ».
L’intervention sociale
d’intérêt collectif se définit comme l’action des travailleurs sociaux auprès
de personnes constituées en groupe, sur un territoire ou dans une institution,
ayant pour objectif de :
- Créer des réponses collectives à des problèmes collectifs,
- Faciliter l’accès aux ressources existantes et/ou créer des nouvelles,
- Développer l’autonomie personnelle et sociale par la participation citoyenne à la vie sociale locale.
- Créer des réponses collectives à des problèmes collectifs,
- Faciliter l’accès aux ressources existantes et/ou créer des nouvelles,
- Développer l’autonomie personnelle et sociale par la participation citoyenne à la vie sociale locale.
L’ISIC comprend
différents niveaux d’intervention en travail social : du travail auprès de
petits groupes jusqu’au développement social local. L’ISIC a comme avantage de
mettre l’accent sur la participation indispensable des personnes et la
centration sur leurs propres capacités et dynamismes.
En 2007, un appel soutenu par l’Association
Nationale des Assistants de Service Social (ANAS) est lancé par un groupe de
responsables et militants engagés dans le développement social « pour mieux vivre ensemble, promouvoir le
travail social et le développement communautaire ». Ses auteurs se donnent alors
comme objectifs de :
– Développer les valeurs républicaines et la notion de communauté dans l’intervention sociale,
– Définir les concepts de développement social et de travail social communautaire,
– Favoriser la prise en compte de ces dimensions dans la formation initiale et tout au long de la vie des travailleurs sociaux.
– Développer les valeurs républicaines et la notion de communauté dans l’intervention sociale,
– Définir les concepts de développement social et de travail social communautaire,
– Favoriser la prise en compte de ces dimensions dans la formation initiale et tout au long de la vie des travailleurs sociaux.
Les contradictions
actuelles sont mises en exergue par un rapport suite à la mise en place
d’un groupe de travail dans le cadre du Conseil Supérieur du Travail Social (en
2010) afin de répondre à la question : comment se fait-il que l’ISIC ne se
développe pas en France (?) et repérer les leviers favorisant son développement.
Il existe sur le territoire de nombreuses actions collectives
qui sont peu connues, peu visibles, certaines s’effectuent même cachées, pointe
le rapport.
Au titre des obstacles le rapport souligne la crainte des
professionnels de se trouver dans une posture particulière « face » au groupe,
en confrontation alors que la posture du professionnel se doit d’être « avec » le groupe.
Certains associent désormais le terme de collectif à celui de
risque de contestation.
S’inscrire dans une pratique de travail social d’intérêt
collectif est donc encore aujourd’hui un acte d’engagement.
Cependant, il serait contre-productif de dissocier les deux
modes d’intervention : action collective et travail individuel. Le travail
individuel avec la personne en situation de fragilité restera toujours
nécessaire, et ne peut en aucun cas être opposé à l’action collective.
Les enjeux du développement de cette pratique sont
notamment, la professionnalité, la dynamique démocratique, la visibilité et la cohésion
sociale, pour le développement local.
Le développement de l’intervention sociale d’intérêt
collectif justifie une stratégie appropriée et une cohérence dans les
organisations de travail
Cette forme d’intervention ne se décrète pas. Elle se
construit au fil du temps avec l’ensemble des acteurs.Elle nécessite une implication professionnelle où la question de la juste distance est posée, un nécessaire développement des compétences professionnelles et de lever les résistances institutionnelles : « l’agir collectif » mal maîtrisé en travail social est perçu comme risqué et difficile à évaluer.
On pourra lire avec
intérêt l’outil pédagogique « les compétences essentielles à
l’agir-ensemble » – 2014 par Communagir.*