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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

mercredi 20 mai 2015

Intervention Sociale d'Intérêt Collectif


Qu’on le nomme, travail social communautaire, travail social avec des groupes ou développement social local …. Ces méthodologies ne sont pas récentes.
Mais elles sont encore fort peu développées. Leur utilisation est trop souvent le fait de professionnels et institutions convaincus.

Déjà en 1987, le Conseil Supérieur du Travail Social avait publié un rapport et des recommandations sur ces méthodes qu’il a renommé « Intervention Sociale d’Intérêt Collectif ». 

Dans un rapport– Intervention sociale, un travail de proximité – en 2006, l’IGAS fait le constat d’une « intervention collective trop peu développée où la relation individuelle l’emporte sur les approches collectives »
L’IGAS souhaitait « Faire du développement des modes d’intervention collective une priorité, que ce soit le travail communautaire comme le travail en groupe ».
Ce rapport propose de « faire du développement des capacités collectives un enjeu fort du travail social ».

L’intervention sociale d’intérêt collectif se définit comme l’action des travailleurs sociaux auprès de personnes constituées en groupe, sur un territoire ou dans une institution, ayant pour objectif de : 
- Créer des réponses collectives à des problèmes collectifs, 
- Faciliter l’accès aux ressources existantes et/ou créer des nouvelles, 
- Développer l’autonomie personnelle et sociale par la participation citoyenne à la vie sociale locale.

L’ISIC comprend différents niveaux d’intervention en travail social : du travail auprès de petits groupes jusqu’au développement social local. L’ISIC a comme avantage de mettre l’accent sur la participation indispensable des personnes et la centration sur leurs propres capacités et dynamismes. 

En 2007, un appel soutenu par l’Association Nationale des Assistants de Service Social (ANAS) est lancé par un groupe de responsables et militants engagés dans le développement social « pour mieux vivre ensemble, promouvoir le travail social et le développement communautaire ». Ses auteurs se donnent alors comme objectifs de :
– Développer les valeurs républicaines et la notion de communauté dans l’intervention sociale,
– Définir les concepts de développement social et de travail social communautaire,
– Favoriser la prise en compte de ces dimensions dans la formation initiale et tout au long de la vie des travailleurs sociaux.

Les contradictions actuelles sont mises en exergue par un rapport suite à la mise en place d’un groupe de travail dans le cadre du Conseil Supérieur du Travail Social (en 2010) afin de répondre à la question : comment se fait-il que l’ISIC ne se développe pas en France (?) et repérer les leviers favorisant son développement.

Il existe sur le territoire de nombreuses actions collectives qui sont peu connues, peu visibles, certaines s’effectuent même cachées, pointe le rapport.

Au titre des obstacles le rapport souligne la crainte des professionnels de se trouver dans une posture particulière « face » au groupe, en confrontation alors que la posture du professionnel se doit d’être  « avec » le groupe.
Certains associent désormais le terme de collectif à celui de risque de contestation.

S’inscrire dans une pratique de travail social d’intérêt collectif est donc encore aujourd’hui un acte d’engagement.

Cependant, il serait contre-productif de dissocier les deux modes d’intervention : action collective et travail individuel. Le travail individuel avec la personne en situation de fragilité restera toujours nécessaire, et ne peut en aucun cas être opposé à l’action collective.

Les enjeux du développement de cette pratique sont notamment, la professionnalité, la dynamique démocratique, la visibilité et la cohésion sociale, pour le développement local.

Le développement de l’intervention sociale d’intérêt collectif justifie une stratégie appropriée et une cohérence dans les organisations de travail
Cette forme d’intervention ne se décrète pas. Elle se construit au fil du temps avec l’ensemble des acteurs.
Elle nécessite une implication professionnelle où la question de la juste distance est posée, un nécessaire développement des compétences professionnelles et de lever les résistances institutionnelles : « l’agir collectif » mal maîtrisé en travail social est perçu comme risqué et difficile à évaluer.

 On le voit, la formation des professionnels est une condition importante du développement de l’ISIC.
Le nouveau référentiel professionnel et de formation de 2004 (Décret du 11 juin 2004 et Arrêté du 29 juin 2004) ne s’y trompe pas qui a notablement renforcé l’enseignement et la pratique de l’ISIC.

On pourra lire avec intérêt l’outil pédagogique «  les compétences essentielles à l’agir-ensemble » – 2014 par Communagir.*