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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

lundi 3 décembre 2012

Développer l’évaluation participative des bénéficiaires d’une action


De nombreuses formes d’évaluation des actions existent.
Les plus anciennes, de forme managériale, s’apparentent plutôt à des contrôles. Ces évaluations sont produites par l’équipe-projet, voire par le gestionnaire, qui a mené l’action, sur demande des autorités publiques.
Puis on connaît l’évaluation coproduite. Les travaux dans ce cas réunissent les autorités de tutelle et l’opérateur. L’évaluation peut être pluraliste et associer un plus grand nombre de participants, mais limitée à la collecte de données.
Les bénéficiaires peuvent être associés selon différents degrés : enquêtes de satisfaction, consultation, concertation...
Les derniers types d’évaluation relèvent d’une forme plus participative.

La participation en évaluation* va dépendre de 2 facteurs déterminants de la dimension, l’envergure de l’évaluation :
-         de la plus ou moins grande diversité des acteurs impliqués dans le processus d’évaluation : commanditaire, opérateur, partenaires, bénéficiaires directs et indirects, citoyens...
-         de l’envergure de l’implication de ces acteurs dans les étapes de la démarche d’évaluation : détermination du projet d’évaluation, validation de son cahier des charges, conduite et pilotage du déploiement de l’évaluation, analyse des informations probantes collectées, formulation des préconisations induites.

La méthode qui va combiner ces 2 facteurs : à la fois une grande diversité des acteurs concernés dans toutes les phases de l’évaluation va permettre une participation des bénéficiaires d’une politique, d’une action.
Cette évaluation participative répond à certaines conditions.
-         Elle ne peut se concrétiser que grâce à une forte motivation des autorités publiques à donner la parole aux personnes les plus vulnérables.
-         Cependant, l’évaluation participative ne se décrète pas. Elle ne peut se concevoir qu’en outillant la parole des personnes démunies au préalable et en les formant à l’analyse.
-         Les résultats d’une action ne peuvent être probants que dans le cadre du contexte très précis où elle a été menée avec la prise en compte de tous les points de vue exprimés afin de construire le jugement de valeur.
Les avantages de cette façon de procéder sont réels :
-         la matière de l’évaluation va être démultipliée
-         elle va conduire à favoriser de nouvelles compétences expérientielles des publics défavorisés
-         dernier avantage induit de cette évaluation participative : elle va permettre aux bénéficiaires de développer la perception de leur capacité à agir pour la résolution de leurs problèmes.
Les limites à cette forme d’évaluation sont notamment relatives :
-         à son coût plus élevé
-         au temps nécessaire pour la mener à bien
-         à une participation qui pourrait s’apparenter à une supercherie si l’expression des personnes démunies n’était finalement pas prise ne compte ou trop superficiellement.

La mise en œuvre d’une procédure d’évaluation participative doit donc se faire avec pondération, par étape et s’inscrire dans le temps.


* voir les travaux de G. Baron et E. Monnier

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