De nombreuses
formes d’évaluation des actions existent.
Les plus
anciennes, de forme managériale, s’apparentent plutôt à des contrôles. Ces
évaluations sont produites par l’équipe-projet, voire par le gestionnaire, qui
a mené l’action, sur demande des autorités publiques.
Puis on connaît
l’évaluation coproduite. Les travaux dans ce cas réunissent les autorités de
tutelle et l’opérateur. L’évaluation peut être pluraliste et associer un plus
grand nombre de participants, mais limitée à la collecte de données.
Les
bénéficiaires peuvent être associés selon différents degrés : enquêtes de
satisfaction, consultation, concertation...
Les derniers
types d’évaluation relèvent d’une forme plus participative.
La
participation en évaluation* va dépendre de 2 facteurs déterminants de la
dimension, l’envergure de l’évaluation :
-
de la
plus ou moins grande diversité des acteurs impliqués dans le processus
d’évaluation : commanditaire, opérateur, partenaires, bénéficiaires
directs et indirects, citoyens...
-
de
l’envergure de l’implication de ces acteurs dans les étapes de la démarche
d’évaluation : détermination du projet d’évaluation, validation de son
cahier des charges, conduite et pilotage du déploiement de l’évaluation,
analyse des informations probantes collectées, formulation des préconisations
induites.
La méthode qui
va combiner ces 2 facteurs : à la fois une grande diversité des acteurs
concernés dans toutes les phases de l’évaluation va permettre une participation
des bénéficiaires d’une politique, d’une action.
Cette
évaluation participative répond à certaines conditions.
-
Elle ne
peut se concrétiser que grâce à une forte motivation des autorités publiques à
donner la parole aux personnes les plus vulnérables.
-
Cependant,
l’évaluation participative ne se décrète pas. Elle ne peut se concevoir qu’en
outillant la parole des personnes démunies au préalable et en les formant à
l’analyse.
-
Les
résultats d’une action ne peuvent être probants que dans le cadre du contexte
très précis où elle a été menée avec la prise en compte de tous les points de
vue exprimés afin de construire le jugement de valeur.
Les avantages
de cette façon de procéder sont réels :
-
la
matière de l’évaluation va être démultipliée
-
elle va
conduire à favoriser de nouvelles compétences expérientielles des publics
défavorisés
-
dernier
avantage induit de cette évaluation participative : elle va permettre aux
bénéficiaires de développer la perception de leur capacité à agir pour la
résolution de leurs problèmes.
Les limites à
cette forme d’évaluation sont notamment relatives :
-
à son
coût plus élevé
-
au temps
nécessaire pour la mener à bien
-
à une
participation qui pourrait s’apparenter à une supercherie si l’expression des
personnes démunies n’était finalement pas prise ne compte ou trop
superficiellement.
La mise en
œuvre d’une procédure d’évaluation participative doit donc se faire avec
pondération, par étape et s’inscrire dans le temps.
* voir les travaux de G. Baron et E. Monnier
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