Selon Stéphane
ROZES, il existe un vrai fossé entre l’imaginaire des Français, qui aspirent à
plus de cohésion sociale et la réalité des inégalités sociales.
Selon un récent baromètre*, seuls 38
% de nos concitoyens pensent que la société française offre à chacun la place
qu’il mérite.
Cette
volonté de vivre ensemble autour de valeurs communes est en train de se
fissurer face à la montée de la précarité qui touche désormais toute la
société.
« Le social ne doit plus être la
voiture-balai du système productif mais bien un élément créateur de richesses »
dit
Stéphane ROZES.
A la faveur des crises économiques
récentes, les inquiétudes sur la cohésion sociale ont une ampleur particulière.
Outre la montée des inégalités, de nombreuses
lignes de fracture affaiblissent le ciment des sociétés européennes travaillées
par l’individualisme : augmentation de la pauvreté, montée en charge des
dépendances, fragilisation des publics …
Même les classes moyennes se sentent
victimes d’évolutions qu’elles ne maîtrisent plus.
Malgré l’existence d’une forte couverture des risques sociaux,
attestée par la croissance des montants dépensés pour la protection sociale,
les Français restent très préoccupés par la question des inégalités et des discriminations.
C’est dans ce contexte d’interrogations grandissantes sur la nature et la force
du lien social que la notion de «
cohésion sociale » a été réactualisée.
Pendant 2 ans, de septembre 2010 et avril 2012, le Centre
d’analyse stratégique (CAS) et la Direction générale de la cohésion sociale
(DGCS) ont organisé une série de quatorze séminaires publics sur les
instruments et les acteurs des politiques de cohésion sociale.
De ces réflexions produites ressort un rapport* publié à
partir de trois objectifs :
- adapter les politiques de cohésion sociale aux transformations
qui ont été évoquées lors des rencontres réalisant ainsi des diagnostics
territoriaux.
- mettre en lumière des exemples de bonnes pratiques locales en repérant les innovations locales : repérer des méthodes
nouvelles, des acteurs émergents, des arrangements institutionnels originaux.
- aller regarder ailleurs, les problèmes qui s’y posent souvent de
façon similaire, s’apercevoir que les
réponses institutionnelles diffèrent sensiblement.
En mettant ainsi en évidence des configurations diverses, ce
rapport devrait constituer un outil de travail pour
l’ensemble des professionnels qui agissent en faveur de la cohésion sociale.
*
CREDOC (2011), Baromètre de la cohésion sociale. Étude réalisée à la demande de
la DGCS.
*
Rapport consultable sur le site du Centre d’Analyse Stratégique.
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