Les
politiques de « workfare » ou activation de la protection sociale
dont les objectifs sont de réduire la pauvreté et d’augmenter le taux
d’activité des personnes sans emploi n’ont pas fait leurs preuves*. L’évaluation
du RSA l’a montré. Car le monde du travail et les bénéficiaires ne se sont pas
mobilisés, alors que ces politiques accentuent de plus en plus, le lien entre
activité du bénéficiaire et prestation.
Ainsi,
en France, la part des inactifs dans la population totale n’a pas diminué avec
l’instauration du RMI puis du RSA.
Ce
qui manque en réalité, ce sont des propositions d’emploi.
On
avance aujourd'hui le concept ‘d’entreprise sociale’. Encore faut-il se mettre
d’accord sur la définition de ce terme. En France, cette notion prend racine
dans les principes de l’économie sociale et solidaire, les entreprises
d’insertion. Ces entreprises ont pour objectif d’aider les chômeurs peu
qualifiés, en voie d’exclusion du marché du travail, à s’insérer socialement
dans la société en général et dans le monde du travail.
Comment
distingue-t-on une entreprise sociale ?
« Etre une entreprise sociale, c’est faire
primer la responsabilité sociale sur la finalité lucrative, notamment en limitant
la rémunération du capital »*.
Il
faut aujourd'hui imaginer le développement territorial des entreprises
d’insertion.
Compte
tenu du taux de pauvreté (14,1 % en 2010), des entreprises du secteur marchand tentent
de décliner une approche innovante auprès du public le plus défavorisé.
*SFR
et Emmaüs Défi développent une offre de téléphonie solidaire.
Essilor
a créé Optique Solidaire qui permet aux plus de 60 ans d’avoir accès à des
lunettes de qualité, Blédina et la Croix Rouge proposent des bons de réduction
de 30 à 40 % sur les produits alimentaires pour bébé, Renault et l’association
Voiture & Co ont mis en place une offre entretien-réparation de 20 à 50 %
du prix habituel pratiqué…
Encore
une fois, ce sont ces synergies locales entre une entreprise, une association
et une collectivité qu'il faudrait multiplier.
*Jean-Claude
BARBIER, sociologue
*
Marthe NYSSENS , économiste belge et co-fondatrice du réseau EMES
*
article dans l’EXPRESS du 6 février 2013
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