Un sondage exclusif CSA, réalisé pour l’UNIOPSS et la MACIF
par Internet du 18 au 20 décembre 2012 tente de répondre à cette question.
Il en ressort que
75% des Français pensent qu’eux-mêmes ou un de leur proche pourrait se
retrouver un jour en situation de précarité.
Ce risque est plus
encore ressenti par les actifs (82%) et les catégories populaires (87%).
Paradoxalement, ce
niveau d’inquiétude individuelle élevé explique que la solidarité soit une
valeur en baisse pour les français.
Dans un contexte de
perception d’une progression des injustices sociales, la recherche de
protection et de sécurité se fait avant tout parmi les proches, la famille
reste la valeur dominante citée (46%, inchangé par rapport à 2009), comme le
tout premier cercle protecteur.
Avec une progression
importante par rapport à 2009, viennent ensuite 3 valeurs : l’honnêteté
(33%, + 9 points), la justice (32%, + 13 points), la sécurité (22%, + 10
points).
La valeur la plus en
baisse est la solidarité (20%, - 8 points).
Les sondés, s’ils
avaient besoin d’aide, se tourneraient vers leur famille (58 %) ou une
association (40 %), les
collectivités locales (34%) bien
avant l’Etat (17 %) qui vient encore derrière les amis (23%).
Plus grave, un Français
sur 10 ne saurait pas vers qui se tourner.
La solidarité est de
plus en plus perçue comme relevant de l’initiative individuelle ou
associative et moins de l’Etat providence. Les sondés expriment une
confiance dans les individus et les associations pour agir efficacement face à
la crise.
A la question posée sur la confiance dans
différents acteurs pour agir efficacement face aux difficultés provoquées par
la crise, les premiers acteurs de confiance cités sont les associations
(67% de confiance), devant les initiatives des citoyens (61% de confiance). Les
mutuelles (42% des Français font confiance) et les pouvoirs publics (39%) sont
cités ensuite.
Les sondés estiment
que les associations tiennent leur efficacité de la connaissance du terrain (47%),
du fait de ne pas rechercher le profit (46%) et d’être transparent
financièrement (40%).
Même si les sondés s’interrogent sur l’efficacité de l’action
publique en matière de solidarité à travers la confiance qu’ils accordent aux
différents acteurs, ils ne veulent pas pour autant que l’Etat abandonne ce
rôle.
La majorité (59%) souhaite
que les dispositifs de protection sociale en direction des personnes en
situation de précarité restent une priorité pour les pouvoirs publics.
Solidarité,
contribution de tous ou participation individuelle ?
D’autre part, 46%
(63% des sympathisants de gauche) aspirent à une solidarité qui soit une
contribution de l’ensemble de la population organisée par les pouvoirs publics.
42% (53% des
sympathisants de droite) préfèrent que la solidarité soit plutôt une
contribution individuelle laissée à l’initiative de chacun.
Les bénéficiaires
prioritaires des aides et dispositifs sociaux publics devraient être ceux
nécessitants des besoins précis et perçus comme urgents.
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