La pratique du care entraîne, tout au moins au départ, une relation asymétrique.
C'est-à-dire que dans un 1er temps, la personne vulnérable sera relativement incapable à « retourner » le don qui est fait.
Puis, afin de dépasser la notion d’ayant droit, il faudra que la responsabilité du care soit partagée entre l’accompagnant et le bénéficiaire.
La responsabilité en travail social demande la prise en compte des effets du lien humain établi, mais aussi la reconnaissance de la vulnérabilité et du besoin d’accompagnement.
Le care est en cela, un des moyens de redonner de l’autonomie réelle ou encore des capabilités à des personnes qui en ont été momentanément ou définitivement privées.
Le care se caractérise par le sentiment de responsabilité à l’égard des autres.
Selon Joan TRONTO*, le care est un processus actif qui se décompose en 4 phases :
- Se soucier de : il s’agit de l’attention portée à autrui, de la reconnaissance d’un besoin qui demande à être satisfait
- Prendre en charge : cette phase implique de prendre en compte le besoin qui peut être satisfait et de déterminer les moyens pour y parvenir (une responsabilité assumée)
- Prendre soin : mise en place du travail effectif du soin, avec les compétences qu’il requiert.
- Recevoir le soin : vérifier auprès du bénéficiaire que le soin accordé était bien en adéquation avec le besoin exprimé.
Le care est systématiquement dévalorisé car on le cantonne avec la sphère privée, l’affectivité et la proximité.
Il faut le mettre au cœur de la dimension politique et donc le centrer dans la vie sociale, en interrogeant l’individualisme libéral et en proposant une nouvelle éthique libérale.
Ce qui suppose de prendre au sérieux les activités de service (de care) et toutes les institutions qui prennent en charge la grande vulnérabilité vitale ou sociale.
*Joan TRONTO : traduit en français sous le titre : « un monde vulnérable, pour une politique du care ».
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