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Nord-Pas-de-Calais, France
Consultante en stratégie, formatrice, je suis membre de la Société Française de l'Evaluation et de l'Association Nationale pour le Travail Social de Groupe. Mon expertise : je transfère les compétences construites pendant 27 ans de direction générale dans le cadre de mes prestations en qualité de consultante. Je suis habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement, et auparavant, en qualité d'évaluateur externe par l'ANESM, pour évaluer les activités et la qualité des établissements et services visés à l'article L.312-1 du CASF. (voir les pages consacrées à ces dispositifs). Je suis également répertoriée par des têtes de réseau du secteur médico-social.

La citation du moment

"qu'il croit toujours être le maître, mais que ce soit vous qui le soyez, car il n'est de soumission plus parfaite, que celle qui ne prend l'apparence de la liberté" - Voltaire (Candide)

mercredi 23 novembre 2011

Le devoir du care dans l’intervention sociale


L’éthique du care vient de l’horizon américain dans les années 1970.
Le care recouvre 2 idées :
-       Se soucier de (attention portée à autrui)
-       Prendre soin (activité et travail)

Le care est une critique du néolibéralisme. Il n’est plus possible de « forcer les individus à une autonomie fondée sur la performance, de reléguer les laissés pour compte, les précaires de plus en plus nombreux éliminés par ces normes de la rationalité économique… »*
La notion réintroduit l’importance du lien social dans les états qui remettent en cause l’état providence.
Le care fait appel à 2 concepts :
-       La vulnérabilité qui enjoigne d’accepter de concevoir l’être humain à travers ses failles, ses accidents (au niveau vital, social, environnemental …).
Au cours de l’existence, chaque individu passe par des phases de dépendance et d’indépendance, d’autonomie et de vulnérabilité.
Chacun n’est pas uniquement sujet de droits capable de nouer des relations de réciprocité, de répondre aux injonctions à l’autonomie.
Il faut accepter une nouvelle compréhension de l’autonomie, la voir dans sa complexité du jeu entre dépendance et indépendance.
-       Le 2ème concept d’interdépendance reflète la notion de lien social. Chaque individu est inscrit dans des réseaux, dans un contexte de relations plus ou moins dépendantes.
A partir de ces 2 concepts, il s’agit de comprendre les individus, d’adapter la société à la capabilité des individus.
La société démocratique va favoriser la possibilité du care en restaurant la confiance dans les relations sociales et de travail.
Avec le care, nous nous soucions des personnes telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient être.
Avec le care, il s’agit de répondre à l’appel d’une personne vulnérable et non d’accomplir une obligation contractuelle dans une relation technique ou commerciale.
Aucune société ne peut faire l’économie de l’activité sociale du care.
C’est un enjeu majeur de justice sociale.
Il faut garantir à chaque individu un minimum de care qui doit permettre un élargissement de sa capacité d’action en tenant compte de sa vulnérabilité.
Il existe également un devoir collectif de « prendre soin » d’objets essentiels comme le climat, la biodiversité…

A lire : *Fabienne BRUGERE, l’éthique du care – Que sais-je ?

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